Le Qatar à la rescousse financière de l'Egypte

mardi 8 janvier 2013 17h38
 

LE CAIRE (Reuters) - Le Qatar a annoncé mardi avoir avancé 2,5 milliards de dollars (1,9 milliard d'euros) à l'Egypte pour l'aider à faire face à sa crise monétaire, alors que les discussions entre Le Caire et le FMI devraient reprendre dans deux à trois semaines.

La livre égyptienne ne cesse de céder du terrain face au dollar depuis plusieurs semaines en raison de l'instabilité politique et la banque centrale peine à soutenir la monnaie en raison de l'épuisement de ses réserves de change.

L'Egypte négocie avec le Fonds monétaire international un prêt de 4,8 milliards de dollars (3,6 milliards d'euros) qui lui serviront à éponger ses déficits.

L'institution internationale a donné son accord de principe en novembre mais le gouvernement égyptien a repoussé sa demande définitive et reporté une série de hausses d'impôt, afin de se donner le temps d'expliquer son plan d'austérité.

A l'issue de la visite au Caire du directeur du FMI pour le Moyen-Orient et l'Asie centrale, Massoud Ahmed, le gouvernement a dit s'attendre à reprendre ses négociations avec un comité technique du FMI dans deux à trois semaines.

Parallèlement, le Premier ministre qatari, Hamad bin Jassim al Thani, a annoncé à l'issue d'un entretien avec le président Mohamed Morsi au Caire l'octroi au pays d'un prêt de deux milliards de dollars (1,53 milliard d'euros) et d'une aide de 500 millions de dollars (382 millions d'euros). Il a précisé que les sommes avaient déjà été versées à la Banque d'Egypte.

La décision n'est pas étonnante pour l'analyste des Emirats Abdoulkhalek Abdoullah, qui souligne que le Qatar considère l'Egypte comme un enjeu stratégique et a investi dans le pays le plus peuplé du monde arabe plus d'argent qu'aucun autre pays du Golfe depuis le renversement d'Hosni Moubarak en février 2011.

"Le Qatar veut un solide allié régional en Egypte. Avec la Turquie, cet axe est fondamental pour le rôle régional que le Qatar s'efforce de se forger pour lui-même", dit-il.

L'émirat du Golfe a étendu son influence à la faveur des révolutions de 2011 dans le monde arabe. Il a appuyé le soulèvement contre Mouammar Kadhafi en Libye et demeure l'un des principaux soutiens à l'opposition au président syrien, Bachar al Assad.

Yasmine Saleh et Patrick Werr, Jean-Stéphane Brosse pour le service français

 
Le président égyptien Mohamed Morsi et le Premier ministre qatari Hamad bin Jassim al Thani, à New York en septembre dernier. Le Qatar a avancé 2,5 milliards de dollars (1,9 milliard d'euros) à l'Egypte pour l'aider à faire face à une crise monétaire. /Photo prise le 26 septembre 2012/REUTERS/Egyptian Presidency