La vraie-fausse retraite de Charles Edelstenne chez Dassault
par Cyril Altmeyer
PARIS (Reuters) - En décembre 2012, sur la base militaire d'Istres, Charles Edelstenne regarde s'envoler côte à côte l'avion de combat Rafale et le tout nouveau démonstrateur de drone de combat Neuron - l'emblème de l'histoire de Dassault Aviation et le symbole de son avenir.
Mardi, plus d'un demi-siècle après être entré chez Dassault, Charles Edelstenne quittera la tête de l'avionneur, à la veille de ses 75 ans, la limite d'âge selon les statuts du groupe. Son successeur, Eric Trappier, l'actuel directeur général international du groupe, prendra ses fonctions mercredi.
Charles Edelstenne laisse Dassault Aviation à la croisée des chemins, la reprise du marché de l'aviation d'affaires, qui représente les deux tiers des ventes du groupe, peinant à se concrétiser, tandis que le Rafale ne s'est pas encore vendu à l'étranger.
PDG du constructeur du Rafale et des jets Falcon depuis 2000, le flamboyant septuagénaire ne s'éloignera cependant pas de la galaxie Dassault puisqu'il devient directeur général du Groupe industriel Marcel Dassault (GIMD), l'actionnaire majoritaire de Dassault Aviation.
Cette nomination intervient au moment où se pose la question de la succession de Serge Dassault, le patron de GIMD, âgé de 87 ans. Le fils du fondateur de l'empire, Marcel Dassault, n'a pas officiellement de dauphin désigné, même parmi ses quatre enfants.
"C'est une vraie-fausse retraite : Charles Edelstenne continuera à être très actif au sein du groupe Dassault", dit un bon connaisseur du groupe.
Charles Edelstenne restera également administrateur de Dassault Aviation dont il rejoindra le comité d'audit et dont il représentera GIMD, actionnaire à 50,55% de l'avionneur.
Interrogé sur le rôle qu'il sera désormais amené à jouer au sein de Dassault Aviation, il a répondu en souriant : "Mon rôle est celui d'un actionnaire. Je continuerai à participer aux conseils et à toucher les jetons de présence de Dassault Aviation." Suite...

