7 janvier 2013 / 16:08 / il y a 5 ans

La crise du "mur budgétaire" a affecté le secteur technologique

Les profits du secteur technologique américain au quatrième trimestre risquent de décevoir les investisseurs, les craintes liées au "mur budgétaire" ayant incité certaines entreprises à ne pas dépenser la totalité de leur budget 2012. /Photo d'archives/Andrew Burton

par Jim Finkle

BOSTON (Reuters) - Les profits du secteur technologique américain au quatrième trimestre risquent de décevoir les investisseurs, les craintes liées au "mur budgétaire" ayant incité certaines entreprises à ne pas dépenser la totalité de leur budget 2012.

Les sociétés technologiques bénéficient généralement en décembre d'un afflux de commandes, leurs clients dépensant ce qu'il leur reste du budget de l'année pour réaliser des achats de produits qui ne sont pas jugés essentiels.

Mais en 2012, les dépenses de fin d'année n'ont pas été aussi importantes que d'habitude, rapportent des analystes et des experts, freinées par la crainte d'une impasse dans les négociations budgétaires, qui menaçait de replonger les Etats-Unis en récession. Un accord est intervenu in extremis entre la Maison blanche et le Congrès.

"Les directeurs des investissements et les directeurs financiers n'étaient pas aux achats", souligne Andrew Bartels, analyste chez Forrester Research, société de conseil auprès des directeurs d'achats de produits technologiques. "Si (John) Boehner (président républicain de la Chambre des représentants) avait pu conclure un accord avant le 15 décembre, nous aurions eu des investissements de fin de trimestre."

Pour 2013, les analystes s'attendent à ce que les achats restent faibles, au moins jusqu'à la fin du premier trimestre, en attendant de voir si les parlementaires parviennent maintenant à se mettre d'accord sur le relèvement du plafond de la dette, un débat que les républicains veulent mettre à profit pour obtenir des coupes drastiques dans les dépenses publiques.

AMÉLIORATION AU SECOND SEMESTRE

Wall Street a déjà sensiblement revu en baisse ses estimations de résultats pour le secteur technologique, qui sous-performe l'ensemble du marché.

Selon le consensus de marché, les sociétés technologiques de l'indice S&P 500 devraient voir leurs résultats baisser de 1,0% en moyenne au quatrième trimestre 2012, contre une hausse moyenne de 2,8% attendue pour l'ensemble de l'indice S&P. Il y a trois mois, les analystes attendaient des résultats en hausse de 9,4% pour le secteur, selon les données Thomson Reuters I/B/E/S.

Pour le premier trimestre 2013, les estimations de croissance des résultats ont également été sérieusement révisées en baisse, à 2,6% contre 9% il y a trois mois.

Selon Greg Harrison, analyste spécialisé chez Thomson Reuters, les analystes financiers devraient encore abaisser leurs prévisions après la publication des résultats du quatrième trimestre.

Intel va publier ses résultats trimestriels le 17 janvier et sera suivi par IBM, Microsoft et EMC pendant la deuxième quinzaine de janvier. Viendront ensuite Cisco Systems, Dell et Hewlett-Packard, qui bouclent leurs comptes début février.

Mark Luschini, responsable de la stratégie d'investissement chez Janney Montgomery Scott, s'attend aussi à des déceptions pour le quatrième trimestre 2012 et à de faibles performances au premier trimestre 2013, l'amélioration du marché n'étant attendu qu'au second semestre, à condition toutefois que démocrates et républicains réussissent à se mettre d'accord sur le plafond de la dette.

Mais même si les parlementaire arrivent à s'entendre, les dépenses technologiques ne devraient pas retrouver leurs niveaux d'avant 2012. Les projets qui ont été annulés à la fin de l'année dernière ne devraient pas être relancés avant quelque temps, sachant que les budgets qui n'ont pas été utilisés sont généralement perdus, rapportent des experts.

"Ces budgets sont fondés sur l'état du marché à un moment donné", commente Howard Anderson, de la MIT Sloan School of Management, également conseiller en investissement.

Toutefois, les défenseurs du secteur estiment que les valeurs technologiques ont déjà intégré le manque à gagner lié au "mur budgétaire" ("fiscal cliff"). L'indice des valeurs technologiques n'a gagné que 1,6% en un mois, alors que l'indice S&P 500 a pris 4%.

Certaines sociétés devraient néanmoins mieux résister, notamment Oracle - qui a fait savoir que ses ventes devraient rester soutenues en 2013 malgré le "fiscal cliff" - et IBM - dont une bonne part du chiffre d'affaires est récurrente grâce à sa division services et logiciels.

Juliette Rouillon pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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