Un ratio clé assoupli pour favoriser le crédit bancaire

dimanche 6 janvier 2013 20h18
 

par Caroline Copley et Huw Jones

BÂLE, Suisse/LONDRES (Reuters) - Le Comité de Bâle, chargé de coordonner la régulation internationale du secteur bancaire, a accordé dimanche quatre ans de plus aux banques et une flexibilité accrue pour constituer leurs réserves de liquidités obligatoires, afin qu'elles puissent consacrer une partie de leurs réserves au soutien à la reprise économique.

Les banques jugeaient impossible de respecter l'échéance initialement fixée à janvier 2015 pour constituer ces réserves tout en continuant à prêter aux entreprises et aux ménages.

Le Comité, qui réunit les autorités de supervision bancaire de près de 30 pays, a donc décidé d'étaler sur quatre ans à partir de janvier 2015 la mise en application de la règle du "ratio de liquidité à court terme" (LCR, liquidity coverage ratio), tout en élargissant entre autres aux actions et aux prêts immobiliers résidentiels titrisés (RMBS) la gamme des actifs éligibles à ces réserves de liquidités.

Les obligations d'entreprise susceptibles d'être prises en compte dans le LCR seront en outre étendues à des notations de crédit plus basses que prévu jusqu'à présent.

Ces nouveaux actifs éligibles, moins liquides, subiront certes une importante décote avant de pouvoir être inclus dans le calcul du ratio. Mais les nouvelles dispositions n'en restent pas moins importantes par rapport au projet initial élaboré il y a deux ans.

"Pour la première fois dans l'histoire de la régulation, nous disposons d'une véritable règle minimale mondiale en matière de liquidité bancaire", s'est félicité dans un communiqué le président du Groupe des gouverneurs et responsables de la supervision, Mervyn King, également gouverneur de la Banque d'Angleterre.

"Plus important, la mise en place d'un calendrier étalé pour la mise en application du ratio de couverture de liquidité (...) aura pour effet que la nouvelle règle de liquidité ne réduira en rien la capacité du système bancaire mondial à financer la reprise", a-t-il ajouté.

Les changements annoncés dimanche ont surpris par leur ampleur certains banquiers et ils pourraient favoriser la relance du marché des prêts immobiliers titrisés, qui reste affecté par la crise des "subprime" américains.   Suite...

 
Le Comité de Bâle, chargé de coordonner la régulation internationale du secteur bancaire, a accordé dimanche quatre ans de plus aux banques et une flexibilité accrue pour constituer leurs réserves de liquidités obligatoires, afin qu'elles puissent consacrer une partie de leurs réserves au soutien à la reprise économique. /Photo d'archives/REUTERS/Heinz-Peter Bader