Mario Monti n'a pas bouleversé le monde du travail en Italie

mercredi 2 janvier 2013 17h22
 

par Gavin Jones

ROME (Reuters) - La réforme du marché du travail en Italie devait être la pierre angulaire du programme de Mario Monti mais, six mois après son entrée en vigueur laborieuse, elle n'a guère eu d'impact ni sur les licenciements, ni sur les embauches.

Dès sa nomination fin 2011 à la tête d'un gouvernement de techniciens pour réformer en urgence une Italie confrontée à la défiance des investisseurs financiers, Mario Monti s'est fixé pour mission principale d'assouplir un marché du travail dual, coupé entre des salariés âgés bénéficiant d'emplois sûrs et protégés et des millions de jeunes en emploi précaire.

Le président du Conseil entendait encourager les embauches à durée indéterminée mais aussi faciliter les procédures de licenciement. De l'avis des chefs d'entreprise comme des syndicats, aucun de ces deux objectifs n'a été atteint.

"Rien n'indique que les entreprises licencient plus avec les nouvelles règles. Ce n'est tout simplement pas le cas", affirme Pierangelo Albini, responsable des questions d'emploi au sein de la Confindustria, le patronat italien.

Aucune statistique officielle n'est disponible mais les syndicats eux-mêmes, qui suivent attentivement l'évolution des chiffres, estiment que les conséquences de la réforme ont été négligeables sur le niveau des licenciements, malgré quelques dossiers fortement médiatisés dans les télécoms avec Huawei et Vodafone.

Mario Monti a démissionné de la présidence du Conseil en décembre pour se lancer dans la bataille électorale en vue des législatives des 24 et 25 février. Dans le programme qu'il a dévoilé juste avant Noël, il a prôné une "simplification radicale" du marché du travail afin de "surmonter le dualisme entre salariés protégés et non-protégés". Il s'agit exactement de l'objectif qu'était censé atteindre sa réforme du mois de juin.

Celle-ci n'a été adoptée qu'après de longues tractations avec les syndicats, le patronat, mais aussi les partis politiques, chacun ayant contribué à édulcorer le projet au cours des longues semaines de débat au parlement.

Dans un contexte politique exceptionnel, Mario Monti a dû composer avec une majorité de circonstance au sein de laquelle le Parti démocrate (PD) de centre-gauche, favori des prochaines législatives, s'est employé à ne pas se couper du monde syndical, notamment de la CGIL, la puissante centrale fermement opposée à l'assouplissement des conditions de licenciement.   Suite...

 
Six mois après l'entrée en vigueur laborieuse de la réforme du marché du travail en Italie, pierre angulaire du programme de Mario Monti, son impact sur les licenciements et les embauches n'est guère perceptible, selon les experts. /Photo d'archives/REUTERS/Alessandro Bianchi