Les Cassandre revoient leur copie sur l'euro

lundi 31 décembre 2012 08h29
 

par Noah Barkin

BERLIN, 31 décembre (Reuters) - En mai dernier, alors que l'euro s'enfonçait un peu plus dans la crise, Paul Krugman, prix Nobel de l'économie, publiait dans le New York Times l'un de ses éditoriaux les plus alarmistes sur la monnaie unique, intitulé "L'Apocalypse n'est pas très loin".

Paul Krugman était loin d'être le seul à prévoir un éclatement imminent de l'euro. Le milliardaire George Soros déclarait à la presse en Italie début juin qu'il ne restait que trois mois à l'Allemagne pour éviter un désastre.

En juillet, Willem Buiter, chef économiste de la banque américaine Citigroup et ancien responsable de la Banque d'Angleterre, estimait à 90% la probabilité que la Grèce quitte l'euro, allant jusqu'à prédire que cela pourrait arriver dès le 1er janvier 2013.

Pourtant, à la veille de cette date prétendue fatidique, personne ne croit plus à l'imminence d'une sortie de la Grèce ou d'un éclatement de l'euro.

En six mois, l'Europe a prouvé que ces prédictions étaient erronées, ou du moins prématurées. L'euro a rebondi face au dollar tandis que les rendements obligataires des Etats les plus affectés par la crise de la dette comme la Grèce, l'Italie et l'Espagne -qui mesurent les risques attachés à ces pays- sont retombés.

Même les plus pessimistes revoient leurs prévisions, bien qu'ils annoncent encore des difficultés à venir.

"L'Europe m'a surpris par sa résistance politique", a reconnu Paul Krugman ce mois-ci sur son blog.

En octobre, Citigroup a revu en baisse la probabilité que la Grèce sorte de l'euro dans les 18 mois. Mais pour la banque, comme pour de nombreux économistes, ce risque reste de l'ordre de 60% et, malgré les mesures pour juguler la crise, les dirigeants européens n'ont pas attaqué le problème à sa racine.   Suite...

 
Au début du deuxième semestre 2012, bon nombre d'économistes renommés faisaient preuve de pessimisme au sujet de la monnaie unique, tablant sur un éclatement imminent de l'euro et une sortie de la Grèce. Mais en six mois, l'Europe a prouvé que ces prédictions étaient erronées, ou du moins prématurées. /Photo prise le 13 juillet 2012/REUTERS/Alex Domanski