L'Egypte limite à 10.000 dollars les mouvements d'argent

mardi 25 décembre 2012 16h28
 

par Patrick Werr

LE CAIRE (Reuters) - Les autorités égyptiennes interdisent désormais à tout voyageur d'apporter en Egypte, ou de faire sortir du pays, plus de 10.000 dollars en devises étrangères, afin de limiter la pression sur la livre égyptienne et de prévenir tout retrait d'argent massif de la part des épargnants.

Le porte-parole de la présidence Yasser Ali a confirmé mardi cette décision gouvernementale, qui interdit également l'envoi d'argent liquide par la poste.

Les troubles politiques de ces dernières semaines, qui ont conduit le Fonds monétaire international à reporter des négociations sur un prêt de 4,8 milliards de dollars, ont ravivé les craintes d'une aggravation d'une situation économique déjà fragile.

Depuis le renversement d'Hosni Moubarak en février 2011, la banque centrale a puisé plus de 20 milliards de dollars dans ses réserves en devises pour soutenir la livre et ne dispose plus que de 15 milliards de dollars, l'équivalent du paiement de trois mois d'importations.

Après la chute de Moubarak, la banque d'Egypte avait déjà limité à 100.000 dollars le montant total qu'un Egyptien peut transférer à l'étranger - à moins de pouvoir démontrer un besoin urgent de fonds - et beaucoup de riches Egyptiens ont déjà atteint ce plafond.

Les banquiers racontent que des clients ont retiré de fortes sommes d'argent depuis la publication il y a un mois d'un décret par lequel le président Mohamed Morsi s'arrogeait de vastes pouvoirs et qui a provoqué des batailles de rues entre opposants et islamistes et la mort de huit personnes.

"Depuis les affrontements du 28 novembre et après l'annonce que le prêt du FMI était reporté d'un mois, on assiste à une certaine 'dollarisation', principalement via des transactions en cash", explique un responsable d'une banque cairote.

DÉPRÉCIATION DE LA LIVRE   Suite...

 
Les autorités égyptiennes interdisent désormais à tout voyageur d'apporter en Egypte, ou de faire sortir du pays, plus de 10.000 dollars en devises étrangères, afin de limiter la pression sur la livre égyptienne et de prévenir tout retrait d'argent massif de la part des épargnants. /Photo d'archives/REUTERS/Romeo Ranoco