Les banques centrales moins obsédées par l'inflation

lundi 24 décembre 2012 13h43
 

par Jonathan Spicer

NEW YORK (Reuters) - Avec l'arrivée d'une nouvelle génération de banquiers centraux, qui ont davantage que leurs prédécesseurs le souci de la reprise économique mondiale, la sacro-sainte doctrine de lutte contre l'inflation commence à être battue en brèche.

Dernier exemple en date de la réflexion en cours, Mark Carney, actuel gouverneur de la Banque du Canada et futur gouverneur de la Banque d'Angleterre (BoE), a récemment évoqué la possibilité de fixer un objectif de produit intérieur brut (PIB) nominal, combinant PIB et évolution des prix à la consommation, et non plus un seul objectif d'inflation.

Les responsables de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine et de la Banque du Japon (BoJ) ont récemment assoupli leurs objectifs d'inflation et ont davantage mis l'accent sur la croissance.

La Fed, qui contrairement à d'autres, a un double mandat - stabilité des prix et plein emploi - a ainsi dit il y a une dizaine de jours qu'elle ne relèverait pas son taux d'intérêt principal, actuellement proche de zéro, avant que le taux de chômage aux Etats-Unis ne revienne à 6,5%, contre 7,7% actuellement.

"Les banquiers centraux sont en train de reconsidérer leur dévotion servile au seul but de fixer un objectif d'inflation", a déclaré Carl Tennenbaum, ancien responsable de la Fed et aujourd'hui économiste en chef chez le gérant d'actifs américain Northern Trust.

Certes, aucun banquier central n'acceptera ouvertement une vive poussée des prix à la consommation dans le but de favoriser la création d'emplois ou de doper la croissance économique.

Après les propos de Mark Carney sur un objectif de PIB nominal, d'autres responsables de la BoE ont aussitôt dénoncé une telle perspective, ce qui annonce des débats houleux à venir au sein de l'institution britannique lorsque Mark Carney prendra ses fonctions l'été prochain.

Mais en injectant des milliers de milliards de dollars dans les systèmes financiers pour endiguer une crise financière et une crise de la dette qu'elles n'avaient pas forcément vues venir, les banques centrales ont sciemment pris le risque d'une appréciation de l'inflation dans les années à venir.   Suite...

 
Avec l'arrivée d'une nouvelle génération de banquiers centraux, qui ont davantage que leurs prédécesseurs le souci de la reprise économique mondiale, la sacro-sainte doctrine de lutte contre l'inflation commence à être battue en brèche. /Photo d'archives/REUTERS/Tony Gentile