La fragilité économique de l'Egypte éclipse la victoire de Morsi

dimanche 23 décembre 2012 15h47
 

par Edmund Blair

LE CAIRE (Reuters) - Le président égyptien Mohamed Morsi n'aura guère le temps de savourer sa victoire annoncée au référendum constitutionnel compte tenu de l'état de l'économie égyptienne et de la nécessaire politique d'austérité qu'il va devoir mettre en oeuvre.

En optant pour une procédure accélérée afin de faire adopter la nouvelle Constitution, le président égyptien, issu des Frères musulmans, a peut-être dissipé toute chance de forger un consensus national sur une hausse de la fiscalité et une baisse des dépenses jugées nécessaires pour réduire le déficit budgétaire.

D'après des estimations encore non officielles émanant de la confrérie islamiste, le "oui" l'a emporté avec une majorité de 64% des suffrages exprimés lors des deux phases du référendum constitutionnel, ces deux derniers samedis.

Mais l'opposition affirme de son côté que le "non" est majoritaire au Caire, la capitale. Et Mohamed Morsi s'est aliéné au passage une grande partie des libéraux, des laïcs, de la gauche et des coptes, hostiles à ce texte constitutionnel qui, disent-ils, impose un carcan religieux à l'Egypte.

Difficile dans ces conditions pour le gouvernement Morsi de bâtir un large soutien aux réformes impopulaires qui seront nécessaires si Le Caire veut obtenir un prêt de 4,8 milliards de dollars (3,6 milliards d'euros) en négociation avec le Fonds monétaire international (FMI).

Pour Amr Adly, expert des questions économiques et sociales au sein de l'Association égyptienne pour les droits des personnes, les rivaux de Morsi, échaudés par ce qu'ils considèrent comme un passage en force de la Constitution, pourraient tenter de capitaliser sur le mécontentement social plutôt que de contribuer à faire adopter cette politique de rigueur jugée pourtant indispensable.

"Ses adversaires politiques traitent déjà de ces problèmes sur une base très opportuniste. Rien n'indique la fin des violentes de rues ou des très profondes divisions politiques", ajoute-t-il.

DÉFICIT CROISSANT ET HÉMORRAGIE DES RÉSERVES DE CHANGES   Suite...

 
Sur un marché de Suez. Le président égyptien Mohamed Morsi n'aura guère le temps de savourer sa victoire annoncée au référendum constitutionnel compte tenu de l'état de l'économie égyptienne et de la nécessaire politique d'austérité qu'il va devoir mettre en oeuvre. /Photo prise le 22 décembre 2012/REUTERS/Mohamed Abd El Ghany