Le gouvernement se défend d'une réforme bancaire a minima

mercredi 19 décembre 2012 20h47
 

par Matthieu Protard et Lionel Laurent

PARIS (Reuters) - Le gouvernement a défendu mercredi son projet de réforme bancaire destiné à protéger les dépôts et l'épargne des Français en cas de faillite d'une banque, assurant que le texte présenté en conseil des ministres concrétisait la promesse de François Hollande de remettre la finance au service de l'économie.

Bien qu'il n'exige pas des banques françaises de séparer leurs activités de dépôts et leurs activités de marché, une séparation prônée par les partisans d'une réforme radicale, le gouvernement leur demande d'isoler dans une filiale dédiée leurs activités pour compte propre.

"La crise a montré les risques élevés que présentent les opérations que les banques mettent sur les marchés financiers pour leur propre compte. C'est cela la définition des activités spéculatives", a déclaré le ministre de l'Economie Pierre Moscovici lors d'une conférence de presse.

"Ce sont les opérations qu'elles mènent avec leur propre bilan pour leur seul profit (...) en mettant en risque les dépôts de leurs clients."

Avec son projet, le gouvernement se targue de placer la France "l'avant-poste de l'Europe en matière de régulation bancaire", réfutant l'idée d'une réforme a minima et influencée par le lobby bancaire français.

Le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer avait lui aussi défendu cette réforme mardi soir, la jugeant "optimale" pour l'économie française.

"Ce texte est un texte tout à fait précurseur", a insisté Pierre Moscovici. "L'Allemagne veut aussi s'engager dans un processus de réforme."

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Le ministre de l'Economie Pierre Moscovici a défendu mercredi matin le projet de réforme bancaire du gouvernement, assurant qu'il concrétiserait la promesse de François Hollande de séparer les activités spéculatives des banques de celles qui sont "utiles à l'emploi et l'investissement". /Photo prise le 19 décembre 2012/REUTERS/Charles Platiau