18 décembre 2012 / 17:23 / il y a 5 ans

Les Etats-Unis avancent vers un accord sur le 'mur budgétaire'

Les négociations sur les moyens d'éviter le 'mur budgétaire' se poursuivent aux Etats-Unis mardi, au lendemain de nouvelles concessions présentées par Barack Obama qui marquent une évolution significative de sa part au sujet des impôts sur les revenus les plus élevés. /Photo prise le 10 décembre 2012/Jason Reed

par Richard Cowan et Mark Felsenthal

WASHINGTON (Reuters) - Les négociations sur les moyens d'éviter le 'mur budgétaire' se poursuivent aux Etats-Unis mardi au lendemain de nouvelles concessions présentées par Barack Obama qui marquent une évolution significative de sa part au sujet des impôts sur les revenus les plus élevés.

Le président démocrate et les républicains, majoritaires à la Chambre des représentants, doivent s'entendre avant le 31 décembre pour éviter une hausse des impôts et une baisse des dépenses fédérales, toutes deux automatiques, qui créeraient un choc susceptible de plonger l'économie américaine en récession.

Selon une source proche des négociations, le président Obama propose désormais aux républicains de prolonger les exonérations d'impôts entamées sous son prédécesseur George W. Bush pour les contribuables dont le revenu annuel est égal ou supérieur à 400.000 dollars.

Or, Barack Obama était jusqu'à présent inflexible sur un seuil de 250.000 dollars. Il reste toutefois bien loin de la position des républicains, qui rejettent toute hausse d'impôts pour les revenus inférieurs à un million de dollars.

COMPROMIS

En attendant un rapprochement des positions - selon certains analystes, un compromis pourrait se faire à 500.000 dollars - le président républicain de la Chambre des représentants, John Boehner, a fait savoir qu'il préparait une sorte de 'plan B', une loi se bornant à reprendre la proposition de son parti sur le seuil d'un million de dollars.

La Maison blanche a aussitôt rejeté ce plan, en soulignant qu'il ne mettait pas suffisamment à contribution les ménages les plus aisés, tout en soulignant la volonté du président de continuer à négocier pour éviter le 'précipice'.

"Il ne veut pas accepter un accord qui ne demande pas suffisamment aux plus riches en matière de taxes et qui à la place fait porter le fardeau à la classe moyenne et aux personnes âgées", a déclaré le porte-parole du président Obama, Jay Carney, dans un communiqué.

Auparavant, le leader de la majorité démocrate au Sénat, Harry Reid, avait souligné que le 'plan B' de John Boehner ne pourrait être voté par les deux chambres du Congrès en l'état.

Selon un assistant du Congrès, John Boehner a présenté aux élus républicains mardi, lors d'une séance à huis clos, un projet prolongeant après la date butoir du 31 décembre toutes les déductions fiscales pour les foyers américains gagnant moins d'un million de dollars par an.

En juillet, les démocrates ont fait voter au Sénat une proposition de loi entérinant la poursuite des exonérations d'impôts pour les foyers aux revenus inférieurs à 250.000 dollars.

NICHES FISCALES

Outre les réductions d'impôts qui divisent les deux camps, deux autres dossiers sont sur la table : la réduction des dépenses publiques et une réforme des impôts pour réduire les niches fiscales.

En ce qui concerne la proportion dépenses/recettes, le président a aussi fait un pas en direction des républicains en abaissant la part qu'il souhaite accorder à la hausse des recettes fédérales dans le plan à dix ans de réduction du déficit budgétaire.

Il propose désormais 1.200 milliards de dollars de recettes supplémentaires contre 1.400 milliards précédemment. John Boehner avance pour sa part le chiffre de 1.000 milliards de dollars, provenant à la fois de la hausse des taux d'imposition et de la réduction de certaines exonérations fiscales pour les hauts revenus.

Sur le volet dépenses, Barack Obama est prêt à accepter 1.220 milliards de dollars d'économies par le biais notamment d'une modification du mode de calcul de certaines prestations sociales revalorisées en fonction du taux d'inflation.

Un porte-parole de John Boehner a qualifié ces propositions de "pas dans la bonne direction", tout en insistant sur les divergences persistantes en matière de réduction des dépenses.

"Nous espérons poursuivre les discussions avec le président afin de parvenir à un accord vraiment équilibré et qui s'attaque à notre problème de dépenses", a dit ce porte-parole, Brendan Buck.

Signe supplémentaire qu'un accord semble désormais à portée de main, les propositions formulées lundi par Barack Obama ne constituent pas sa dernière offre, a dit cette même source proche des négociations.

Bertrand Boucey et Danielle Rouquié pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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