Aero Trade, quand l'union de sous-traitants fait la force

mardi 18 décembre 2012 14h42
 

par Jean Décotte

TOULOUSE (Reuters) - Une dizaine de PME françaises de l'aéronautique ont pris leur destin en main en créant une centrale d'achat leur permettant de négocier les prix de leurs matériaux, une initiative soutenue par Airbus, qui s'inquiète de la solidité de ses sous-traitants, et dont le secteur automobile pourrait s'inspirer.

La plate-forme Aero Trade a passé le mois dernier sa première commande de matières premières et se veut le symbole d'un rapprochement fructueux entre entreprises concurrentes, au profit d'une filière certes en plein essor mais relativement atomisée.

Elle permet à ses neuf entreprises actionnaires de mutualiser leurs besoins de fonds de roulement et de mieux préserver leur trésorerie face à la montée en cadence d'Airbus, filiale d'EADS, qui impose de recruter et d'investir.

Cette première commande d'Aero Trade intervient alors que les tensions sur la chaîne d'approvisionnement figurent parmi les principales préoccupations de l'avionneur. La hausse de production a atteint un niveau "douloureux", selon son président exécutif Fabrice Brégier.

Eric Zanin, directeur des achats d'Airbus, espère voir certains de ses sous-traitants se transformer en entreprises de taille intermédiaires (ETI) et estime que l'initiative de ces PME va dans le bon sens.

"Il faut que les PME continuent à se consolider en ETI, ou avoir des partenariats, ou se trouver des regroupements de manière à avoir une taille un peu plus critique", a-t-il dit à Reuters.

"Aero Trade est une première. L'innovation n'est pas que dans la technologie, elle peut être aussi dans la manière dont on fait des affaires, au sens noble. Je pense que toutes seules (ces PME) ne s'en seraient pas sorties."

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<p>Une dizaine de PME fran&ccedil;aises de l'a&eacute;ronautique ont pris leur destin en main en cr&eacute;ant une centrale d'achat leur permettant de n&eacute;gocier les prix de leurs mat&eacute;riaux. L'initiative est soutenue par Airbus, qui s'inqui&egrave;te de la solidit&eacute; de ses sous-traitants. /Photo prise le 10 septembre 2012/REUTERS/Tobias Schwarz</p>