La révolution tranquille de Fabrice Brégier à la tête d'Airbus

jeudi 13 décembre 2012 20h05
 

par Tim Hepher et Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - Le patron d'Airbus Fabrice Brégier prépare une révolution tranquille au sein de son groupe sur un principe simple : il parie sur une croissance spectaculaire des bénéfices du premier avionneur mondial en laissant à ses dirigeants de la marge de manoeuvre pour diriger.

Après des années de réformes dictées par le haut pour en finir avec la mauvaise coordination qui a conduit Airbus au bord du gouffre, l'ingénieur français de 51 ans a décentralisé les pouvoirs dès son arrivée à la présidence exécutive du groupe en juin.

Fabrice Brégier avait déjà joué un rôle majeur dans le redressement d'Airbus, grand rival de l'américain Boeing, depuis sa nomination il y a six ans au poste de numéro deux de la filiale du groupe européen d'aérospatiale et de défense EADS.

Il estime désormais qu'une gestion millimétrée des programmes va l'aider à multiplier les marges d'Airbus par cinq et à suivre la forte demande des compagnies aériennes asiatiques qui tirent le marché de l'aéronautique.

"On a encore du potentiel devant nous si on se remet à se comporter comme une petite division. Ce doit être cela notre objectif", a déclaré Fabrice Brégier lors d'un entretien accordé à Reuters.

Une telle réorganisation est risquée dans un secteur où de minuscules erreurs peuvent coûter des milliards d'euros. Les actionnaires et les compagnies aériennes l'ont appris à leurs dépens, lorsque le manque de coordination avait menacé le très gros porteur A380 ou lorsque Boeing avait perdu le contrôle de sa chaîne de fournisseurs sur le long-courrier 787 Dreamliner.

Mais après avoir atteint le seuil de 60.000 salariés, Airbus est devenu trop gros pour être dirigé seulement par le haut au moment où Fabrice Brégier s'est fixé pour objectif d'atteindre une marge opérationnelle de 10% en 2015 contre 1,8% à peine en 2011.

"Nous avons décidé de changer un petit peu l'organisation qui était très concentrée", a-t-il lors d'un entretien réalisé à Londres.   Suite...

 
<p>Le pr&eacute;sident ex&eacute;cutif d'Airbus Fabrice Br&eacute;gier pr&eacute;pare une r&eacute;volution tranquille au sein de son groupe sur un principe simple. Il parie sur une croissance spectaculaire des b&eacute;n&eacute;fices du premier avionneur mondial en laissant &agrave; ses dirigeants de la marge de manoeuvre pour diriger. /Photo prise le 3 d&eacute;cembre 2012/REUTERS/Simon Newman</p>