Le gouvernement français veut séduire les capitaux étrangers
par Jean-Baptiste Vey
PARIS (Reuters) - Le gouvernement français veut séduire les investisseurs financiers internationaux en chargeant son ministre des Finances de dissiper les craintes sur l'interventionnisme de l'Etat, les hausses d'impôts et la mise en place des réformes structurelles.
Pierre Moscovici a reçu lundi un groupe d'investisseurs asiatiques, américains et européens, dont des fonds de pension et des fonds d'arbitrage (hedge funds). Il avait déjà rencontré un grand nombre d'investisseurs anglo-saxons fin novembre.
Pierre Moscovici a dit à Reuters avoir détaillé les "trois piliers" de la politique économique du gouvernement : la stabilisation de la zone euro, le sérieux budgétaire et la compétitivité.
"Je les ai invités à sortir des préjugés : non, nous ne sommes pas un pays de mangeurs de baguettes avec un béret sur la tête et où certains ont un couteau entre les dents !", a-t-il déclaré. "Nous sommes un pays dans lequel on peut investir."
Selon Philippe Gudin de Vallerin, chef économiste Europe de Barclays, "pour certains investisseurs américains, la France, c'est l'interventionnisme excessif dans le secteur privé, un taux d'imposition à 75% et des hausses d'impôts alors qu'il faudrait baisser les dépenses".
"Le but de cette réunion était de remettre les idées en place, surtout après cette série de commentaires négatifs sur la France : l'article de The Economist ou le downgrade par Moody's", a ajouté cet ancien de la Direction générale du Trésor à la sortie de la rencontre. L'hebdomadaire britannique a décrit récemment la France comme une bombe prête à exploser.
LE MARCHÉ DU TRAVAIL, UN "TEST IMPORTANT"
Le sérieux budgétaire, a dit Pierre Moscovici, "est une question de crédibilité, de qualité de notre signature". "C'est une option stratégique à laquelle nous nous tiendrons, dont nous ne dévierons pas parce que c'est aussi ainsi que nous continuerons à avoir des taux d'intérêt bas." Suite...

