La stratégie de Danone offre peu de prise à Nelson Peltz

lundi 10 décembre 2012 13h16
 

par Noëlle Mennella

PARIS (Reuters) - La marge opérationnelle de Danone pâtira encore en 2013 de la crise en Europe du Sud mais l'investisseur activiste Nelson Peltz, récemment entré au capital, ne devrait guère avoir de prise sur la stratégie du géant de l'agroalimentaire, jugée payante à long terme, estiment les analystes du secteur.

Après l'acquisition de 1% du capital de Danone, le milliardaire américain a estimé que le groupe français devait réduire plus drastiquement ses coûts, en particulier en Espagne, son deuxième marché, et s'éviter des acquisitions afin de protéger ses marges.

Pour autant, il n'a pas fondamentalement remis en cause la stratégie de Franck Riboud et a même salué son action à la tête de Danone, jugeant le groupe "parmi les mieux positionnés des industriels de l'alimentation".

En Bourse, le titre Danone, pénalisé par l'avertissement de juin sur les objectifs de rentabilité, puis la publication du chiffre d'affaires du troisième trimestre, a été un moment ragaillardi par l'arrivée de Nelson Peltz. Mais ce regain de vigueur a fait long feu, les analystes étant persuadés que le milliardaire n'aura pas les moyens d'influencer véritablement la stratégie du groupe.

Les analystes s'accordent aussi à estimer que la situation de Danone, première société française dans laquelle Nelson Peltz investit, est loin d'être comparable à celle des américains Heinz et Kraft ou de l'anglais Cadbury, dans lesquels l'investisseur a su provoquer des changements après s'être pareillement invité au capital.

Franck Riboud a en effet profondément remodelé le groupe qu'il a pris en main en 1996. Il l'a réorganisé autour de quatre pôles (les produits laitiers, l'eau, la nutrition infantile et médicale) et a accentué son internationalisation au point que Danone réalise désormais 50% de son chiffre d'affaires dans les pays émergents.

Même si certains critiquent le manque d'innovation du groupe, dont les blockbusters (Activia et Actimel) ont maintenant 10 ans, cette gestion est dans l'ensemble saluée par les experts du secteur. Ses 14% de marge opérationnelle, pas très éloignés des 15% de Nestlé, en sont selon eux le reflet.

"En termes de choix stratégique, le repositionnement initié par Franck Riboud a porté ses fruits et a du sens, mais Peltz se focalise là où le bât blesse", souligne Christophe Laborde, analyste chez Bordier & Cie.   Suite...

 
<p>La marge op&eacute;rationnelle de Danone p&acirc;tira encore en 2013 de la crise en Europe du Sud mais la strat&eacute;gie du g&eacute;ant de l'agroalimentaire, jug&eacute;e payante &agrave; long terme par les analystes ne devrait pas offrir de prise &agrave; l'investisseur activiste Nelson Peltz, r&eacute;cemment entr&eacute; au capital et qui souhiate voir le groupe r&eacute;duire plus drastiquement ses co&ucirc;ts et s'&eacute;viter des acquisitions afin de prot&eacute;ger ses marges. /Photo d'archives/REUTERS/Julien Hekimian</p>