Starbucks lâche du lest sur ses impôts en Grande-Bretagne

jeudi 6 décembre 2012 23h34
 

LONDRES (Reuters) - Critiquée de toute part depuis plusieurs semaines, la chaîne de cafétérias Starbucks a annoncé jeudi qu'elle pourrait payer environ 20 millions de livres au Trésor public britannique sur les deux prochaines années.

Starbucks s'efforce de redorer son image au Royaume-Uni en annonçant des changements dans ses pratiques fiscales qui lui ont permis d'échapper largement à l'impôt depuis son implantation dans le pays à la fin des années 1990.

En octobre, une enquête de Reuters avait montré que la multinationale américaine vantait à ses actionnaires les profits élevés de sa filiale britannique tout en déclarant des pertes au fisc.

L'une des solutions retenues par Starbucks consistait notamment à verser des redevances, déductibles des impôts, à une filiale néerlandaise, par exemple pour l'utilisation de la marque Starbucks.

"En 2013 et 2014, Starbucks ne réclamera pas de déductions fiscales sur le paiement de redevances ou de versement liés à nos charges internes", a dit jeudi le responsable britannique de Starbucks devant la Chambre de commerce de Londres, ce qui représentera chaque année 10 millions de livres, a-t-il précisé.

Une commission du parlement britannique a appelé lundi le gouvernement à s'attaquer de front aux entreprises multinationales qui paient peu d'impôts au Royaume-Uni alors qu'elles y encaissent d'importants chiffres d'affaires.

Dans un rapport, la commission des Comptes publics (Public Accounts Committee, PAC) estime que les pouvoirs publics devraient restreindre la possibilité pour ces entreprises de profiter des transactions comptables entre leurs filiales pour échapper à l'impôt et accroître les exigences de transparence sur la fiscalité et les échanges internationaux.

"Les entreprises globales disposant au Royaume-Uni d'énormes activités qui génèrent des revenus substantiels s'en sortent en payant peu ou pas du tout d'impôt sur les bénéfices. C'est scandaleux et c'est une insulte aux entreprises et aux particuliers britanniques qui s'acquittent de leur juste contribution", a déclaré Margaret Hodge, la présidente de la PAC.

Le rapport critique directement le fisc britannique, "Her Majesty's Revenue & Customs" (HRMC), qu'il juge "trop passif" avec les grandes entreprises.

Christine Murray, Nicolas Delame pour le service français

 
<p>Caf&eacute; Starbucks dans le centre de Londres. Critiqu&eacute;e de toute part depuis plusieurs semaines, la cha&icirc;ne de caf&eacute;t&eacute;rias Starbucks a annonc&eacute; jeudi qu'elle pourrait payer environ 20 millions de livres au Tr&eacute;sor public britannique sur les deux prochaines ann&eacute;es. /Photo prise le 3 d&eacute;cembre 2012/REUTERS/Andrew Winning</p>