December 6, 2012 / 3:38 PM / 5 years ago

EADS va désormais pouvoir réinventer sa stratégie

7 MINUTES DE LECTURE

<p>Enfin devenue une entreprise "normale" 12 ans apr&egrave;s sa cr&eacute;ation, EADS a d&eacute;sormais les coud&eacute;es franches pour r&eacute;organiser ses activit&eacute;s et mener la croissance externe n&eacute;cessaire pour se renforcer face &agrave; une comp&eacute;tition internationale accrue. Le groupe europ&eacute;en d'a&eacute;rospatiale et de d&eacute;fense a notamment annonc&eacute; mercredi l'entr&eacute;e directe de l'Allemagne et la sortie des groupes priv&eacute;s Lagard&egrave;re et Daimler. /Photo d'archives/Tobias Schwarz</p>

par Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - Enfin devenue une entreprise "normale" 12 ans après sa création, EADS a désormais les coudées franches pour réorganiser ses activités et mener la croissance externe nécessaire pour se renforcer face à une compétition internationale accrue.

Le groupe européen d'aérospatiale et de défense a annoncé mercredi un nettoyage salvateur de son actionnariat, marqué par l'entrée directe de l'Allemagne et la sortie des groupes privés Lagardère et Daimler.

Près de deux mois après l'échec de sa tentative de fusion avec le groupe de défense britannique BAE Systems, EADS va devoir réinventer sa stratégie, son plan visant à augmenter son exposition à la défense pour réduire la prépondérance d'Airbus paraissant désormais caduc.

"C'est une deuxième naissance", a déclaré Marwan Lahoud, le directeur de la stratégie et du marketing d'EADS sur Europe 1. "Il y a encore beaucoup de travail d'exécution mais c'est une rampe de lancement sur laquelle le groupe est placé".

La réorganisation a le mérite d'atteindre un des deux buts recherchés par Tom Enders, le président exécutif d'EADS, avec le projet avorté de fusion avec BAE: diminuer l'influence des Etats qui n'auront plus de droit de veto, la protection des intérêts stratégiques étant désormais garantie par des "sociétés nationales de défense".

Premier fournisseur des armées française et allemande, EADS leur vend notamment des missiles nucléaires, des avions de combat, des drones et des hélicoptères de combat et de surveillance.

Une Entreprise Normale

La parité franco-allemande, source d'incessantes tracasseries qui ont handicapé EADS depuis sa création, se limite désormais à la participation équivalente de 12% de Paris et Berlin, qui auront chacun leur mot à dire sur deux administrateurs proposés par la direction d'EADS.

"Au conseil il n'y aura pas de quotas de nationalités, pas de rotation franco-allemande pour la présidence. C'est comme une entreprise normale", résume une source proche du dossier.

La participation résiduelle de 3% de l'Etat français -qui détient 15% du capital d'EADS- sera bien logée dans une fondation néerlandaise et dépourvue de ses droits de vote, comme l'avait rapporté Reuters la semaine dernière.

Cette participation restera en dehors du concert des actionnaires -qui représente 28% du capital avec l'Espagne- afin de ne pas atteindre le seuil fatidique de 30% du capital auquel EADS serait obligé de lancer une offre sur l'ensemble du groupe.

La France pourrait à terme céder cette participation et récolter environ 730 millions d'euros aux cours actuels, selon des sources proches du dossier.

Le règlement de la lancinante question du complexe actionnariat d'EADS propulse l'action en hausse à la Bourse de Paris pour la quatrième séance d'affilée, les analystes saluant un accord qui réduit le risque d'ingérence des Etats dans la marche du groupe.

Le titre s'adjuge 7,49% à 29,270 euros vers 16h30, après avoir gagné jusqu'à 8,6% à 29,60 euros, retrouvant pour la première fois son niveau d'avant l'annonce de discussions de fusion avec BAE le 12 septembre.

L'action a pris 21% depuis le début de l'année, surperformant largement le CAC 40 (+13,7%) et donnant une capitalisation de 24,19 milliards d'euros.

Dans la foule de l'accord annoncé mercredi soir, Daimler a vendu 7,5% du capital d'EADS sur le marché pour 1,66 milliard d'euros.

Une assemblée générale extraordinaire devrait être convoquée en mars pour approuver cette réorganisation, après la publication des résultats annuels d'EADS fin février, selon des sources proches du groupe.

Une Croissance Externe Facilitee

Marwan Lahoud a exclut une nouvelle tentative de fusion avec BAE, mais a souligné que la réorganisation du capital favoriserait les ambitions de croissance externe du groupe, qui cherche notamment à accroître son exposition aux Etats-Unis.

"Les plats ne repassent pas. La question n'est pas posée pour BAE, mais dans une situation analogue je pense que nous serions dans de meilleurs conditions pour trouver une solution", a-t-il dit.

Le sort de Cassidian, le pôle sécurité et défense dont l'ancienne direction a été remerciée en septembre, suscite divers scénarios, d'un rapprochement avec la filiale spatiale Astrium à un mariage avec le groupe français Thales, dont les activités sont proches.

La réorganisation annoncée mercredi recèle un accord distinct selon lequel l'Etat français se réserve un droit de préemption en cas de cession des 46% d'EADS dans Dassault Aviation.

Cette clause, rendue nécessaire par la suppression des droits de veto sur les décisions stratégiques du groupe, protège la France de l'irruption d'un investisseur indésirable au capital du constructeur de l'avion de combat Rafale.

La limitation à 15% de la participation d'un même actionnaire permet de parer à tous les scénarios envisageables, a précisé une source du dossier, citant le cas hypothétique d'un désengagement de l'Espagne, dont la France et l'Allemagne pourraient se partager les 4%.

Elle protège aussi EADS d'une montée en puissance trop importante d'investisseurs comme la Russie, qui possède plus de 5% d'EADS via la banque publique VEB et n'exclut pas de faire évoluer cette participation.

Avec Jean-Baptiste Vey, Blaise Robinson et Tim Hepher, édité par Jean-Michel Bélot

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