Airbus restera indépendant des Etats

lundi 3 décembre 2012 19h24
 

par Cyril Altmeyer et Tim Hepher

LONDRES (Reuters) - Airbus restera libre de fixer sa politique commerciale et se comportera toujours comme une entreprise privée malgré le renforcement prévu des Etats dans le capital de sa maison mère EADS, a déclaré lundi à Reuters Fabrice Brégier, président exécutif de l'avionneur.

François Hollande a déclaré le même jour que les discussions entre Paris et Berlin sur la structure de l'actionnariat et la gouvernance du groupe d'aéronautique, d'espace et de défense EADS étaient sur le point d'aboutir.

Selon des sources proches du dossier, la France et l'Allemagne auraient chacune 12% du capital d'EADS et l'Espagne 4%, alors que Berlin n'était pas jusqu'à maintenant directement présent au tour de table.

"On apprécie les intérêts des pays européens pour Airbus et on en a besoin. Cependant, la gestion au jour le jour est purement opérationnelle et (le groupe est) gérée comme une entreprise totalement privée. Et c'est pourquoi nous réussissons", a expliqué Fabrice Brégier lors d'un entretien accordé à Reuters à Londres.

"Croyez-vous que j'ouvrirais une usine en Espagne - ou en Allemagne - juste parce que quelqu'un le veut ?"

DES PROGRAMMES SANS PRÊTS PUBLICS

Fabrice Brégier a estimé qu'il serait un jour possible de lancer des programmes aéronautiques sans prêts publics si les règles du jeu étaient équitables, notamment avec les nouveaux entrants du secteur comme la Chine et la Russie, tout en soulignant que cela serait probablement difficile à obtenir.

L'Organisation mondiale du commerce (OMC) a jugé que Boeing et Airbus avaient tous deux bénéficié de subventions illicites. Washington envisage des sanctions de 10 milliards de dollars et Bruxelles de 12 milliards, chacun s'accusant mutuellement de toujours subventionner leurs constructeurs aéronautiques.   Suite...

 
<p>Lors d'une interview &agrave; Reuters, le pr&eacute;sident ex&eacute;cutif d'Airbus Fabrice Br&eacute;gier a d&eacute;clar&eacute; que le constructeur a&eacute;ronautique resterait libre de fixer sa politique commerciale et se comporterait toujours comme une entreprise priv&eacute;e malgr&eacute; le renforcement pr&eacute;vu des Etats dans le capital de sa maison m&egrave;re EADS. /Photo prise le 3 d&eacute;cembre 2012/REUTERS/Simon Newman</p>