Les Etats montent en puissance dans le capital d'EADS

dimanche 2 décembre 2012 23h15
 

par Tim Hepher

PARIS (Reuters) - Le chamboulement imminent du capital d'EADS va entraîner une montée en puissance des Etats dans le premier groupe européen d'aérospatiale et de défense, mais ne fera en réalité que changer les règles de la délicate cohabitation franco-allemande.

Les actionnaires mettaient la dernière main dimanche soir à un accord destiné à faire entrer l'Etat allemand directement dans le tour de table du fabricant des Airbus et de la fusée Ariane avec 12% du capital, comme la France.

Cette réorganisation ouvre la voie à une sortie des deux actionnaires industriels, le constructeur automobile allemand Daimler et le groupe de médias français Lagardère.

L'Etat allemand n'a jamais été actionnaire d'EADS jusqu'à présent, tandis que les intérêts de la France au sein du groupe étaient représentés par Lagardère. L'Espagne conservera une participation proche de 5%, soit une participation totale de près de 30% des trois Etats et un flottant porté à plus de 70%.

Ce n'est pas la solution dont rêvait le président exécutif d'EADS Tom Enders, qui souhaitait réduire l'ingérence des Etats dans la marche du groupe.

Mais selon les experts, cette réorganisation apportera une bouffée d'air frais à EADS en abolissant un pacte d'actionnaires complexe établi entre la France, Lagardère et Daimler, dans lequel il n'était pas toujours aisé de discerner qui tirait les ficelles.

Pour les critiques de l'ingérence des Etats, un exemple évident des risques auxquels est confronté EADS est apparu au moment même où la nouvelle organisation du groupe était en train d'être préparée.

Le gouvernement français a annoncé vendredi soir un accord avec ArcelorMittal sur l'avenir de Florange, évitant ainsi d'avoir à exécuter sa menace de nationalisation du site sidérurgique mosellan.   Suite...

 
<p>La France et l'Allemagne poursuivaient dimanche soir des n&eacute;gociations &agrave; Paris avec des repr&eacute;sentants d'EADS, de Daimler et de Lagard&egrave;re en vue de s'entendre sur une nouvelle structure actionnariale pour le groupe europ&eacute;en d'a&eacute;ronautique et de d&eacute;fense, selon diverses sources. /Photo prise le 13 septembre 2012/REUTERS/Tobias Schwarz</p>