L'abandon partiel de la dette grecque semble inéluctable

mercredi 28 novembre 2012 12h54
 

par Luke Baker

BRUXELLES (Reuters) - L'accord conclu par les ministres des Finances de la zone euro pour réduire le fardeau de la dette grecque revient à cacher la poussière sous le tapis, disent certains commentateurs. Ils n'ont pas tout à fait tort.

Le compromis trouvé à Bruxelles dans la nuit de lundi à mardi prévoit que la zone euro et le Fonds monétaire international (FMI) accordent deux ans de plus à Athènes pour atteindre ses objectifs de réduction du déficit et qu'ils trouvent 44 milliards d'euros pour maintenir le pays à flot dans l'intervalle.

Mais au-delà, le texte prépare bel et bien le terrain sous une forme ou sous une autre d'une restructuration de la dette grecque au "secteur officiel", en clair les Etats et les banques centrales de la zone euro.

Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble est apparu mardi plus prêt que jamais à admettre publiquement que les créanciers de la Grèce devraient affronter un jour ce quasi-tabou pour son pays comme pour la Finlande, l'Autriche ou les Pays-Bas.

"Lorsque la Grèce aura atteint ou sera en passe d'atteindre un excédent primaire et qu'elle aura rempli toutes les conditions, nous envisagerons, si nécessaire, de nouvelles mesures pour réduire le montant global de la dette", a-t-il dit.

Le calendrier et la référence à un excédent primaire sont importants. Selon les prévisions, l'économie grecque doit renouer avec la croissance dans le courant de 2014 et dégager un excédent budgétaire primaire (c'est-à-dire hors service de la dette) de 4,5% du produit intérieur brut (PIB) en 2016.

De plus, c'est fin 2016 qu'Athènes est censé être en mesure de retourner sur les marchés pour se financer, sans l'aide du FMI ou de l'Union européenne.

L'accord de Bruxelles répond aux besoins de financement pour la période 2014-2016 et énumère les mesures qui doivent permettre de ramener le poids de la dette d'environ 190% du PIB l'an prochain à 124% d'ici 2020.   Suite...

 
<p>Le compromis trouv&eacute; &agrave; Bruxelles pr&eacute;voit que la zone euro et le Fonds mon&eacute;taire international accordent deux ans de plus &agrave; Ath&egrave;nes pour atteindre ses objectifs de r&eacute;duction du d&eacute;ficit et qu'ils trouvent 44 milliards d'euros pour maintenir le pays &agrave; flot dans l'intervalle. Mais au-del&agrave;, le texte semble bel et bien pr&eacute;parer le terrain d'une restructuration de la dette grecque auaux Etats et aux banques centrales de la zone euro. /Photo d'archives/REUTERS/John Kolesidis</p>