EDF attend un geste de l'Etat pour réduire sa dette

mardi 27 novembre 2012 15h13
 

par Benjamin Mallet

PARIS (Reuters) - EDF espère un geste des pouvoirs publics en matière de financement des énergies renouvelables mais risque de devoir aussi limiter ses investissements et céder des actifs pour contenir sa dette, estiment des analystes interrogés par Reuters.

L'électricien public discute avec l'Etat pour trouver avant la fin de l'année un moyen d'alléger le poids dans ses comptes de la contribution au service public de l'électricité (CSPE), une taxe facturée à ses clients pour financer le développement des renouvelables en France.

Les hausses de cette taxe ne suffisant pas à couvrir notamment l'essor des énergies éolienne et solaire depuis 2007, selon EDF, la CSPE représente pour la société un déficit cumulé proche de 5 milliards d'euros à fin 2012, à comparer avec une dette du groupe attendue autour de 40,5 milliards selon le consensus Thomson Reuters I/B/E/S.

La compensation intégrale de ce déficit permettrait à elle seule à EDF d'atteindre son objectif de ratio d'endettement financier net sur résultat brut d'exploitation de 2,5 en fin d'année, un plafond déjà atteint au 30 juin et qui, sans solution, devrait être dépassé au 31 décembre.

"Si EDF réussit à régler cette question, ce sera un énorme soulagement", estime Emmanuel Turpin, analyste chez Morgan Stanley.

"L'enjeu pour le groupe est de stopper la hausse de cette facture (...) et d'obtenir une résorption au cours des années à venir. La contrainte, c'est que l'Etat français n'est probablement pas prêt à annoncer une forte hausse des tarifs de l'électricité pour répercuter l'augmentation de la CSPE et que la hausse devrait donc rester graduelle", ajoute-t-il.

"EDF peut accepter un remboursement sur plusieurs années mais a besoin d'un cadre qui mette ce principe noir sur blanc. On peut imaginer un accord pluriannuel qui soit concrétisé par un cadre légal."

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<p>Des analystes estiment qu'EDF va devoir sans doute limiter ses investissements et c&eacute;der des actifs pour contenir sa dette, alors que l'&eacute;lectricien public cherche un moyen d'all&eacute;ger le poids dans ses comptes de la contribution au service public de l'&eacute;lectricit&eacute;, une taxe factur&eacute;e &agrave; ses clients pour financer le d&eacute;veloppement des renouvelables en France. /Photo d'archives/REUTERS/Gonzalo Fuentes</p>