27 novembre 2012 / 10:24 / dans 5 ans

Pas de temps à perdre pour la nouvelle présidente de la SEC

<p>Entre la bataille qui se poursuit sur la r&eacute;gulation des fonds de placement - ils repr&eacute;sentent 2.500 milliards de dollars aux Etats-Unis -, la mise en oeuvre de la loi Dodd-Frank sur la r&eacute;forme de Wall Street et les inqui&eacute;tudes persistantes sur la stabilit&eacute; des march&eacute;s et les transactions &agrave; haute fr&eacute;quence, Elisse Walter, la nouvelle pr&eacute;sidente de la Securities and Exchange Commission (SEC), aura beaucoup &agrave; faire. /Photo d'archives/REUTERS/Mannie Garcia</p>

par Aaron Pressman et Ross Kerber

NEW YORK (Reuters) - Appelée à succéder à Mary Schapiro à la présidence de la Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme de la Bourse américaine, Elisse Walter n‘aura pas de temps à perdre.

Entre la bataille qui se poursuit sur la régulation des fonds de placement - ils représentent 2.500 milliards de dollars aux Etats-Unis -, la mise en oeuvre de la loi Dodd-Frank sur la réforme de Wall Street et les inquiétudes persistantes sur la stabilité des marchés et les transactions à haute fréquence, il reste beaucoup à faire.

“C‘est un énorme défi qui continue”, déclare Amy Borrus, directrice adjointe du Conseil des investisseurs institutionnels qui réunit les principaux fonds de pension américains.

La première question pourrait bien être de deviner combien de temps restera en poste Elisse Walter, désignée lundi soir par le président Barack Obama après l‘annonce du départ de Mary Schapiro. Commissaire en poste depuis 2008, de sensibilité démocrate, elle pourrait présider la SEC jusqu’à la fin de son mandat de cinq ans en décembre 2013, avant une éventuelle reconduction qui devrait alors être approuvée par le Sénat.

Dans l‘entourage de Barack Obama, on indiquait lundi que le président nommerait dans un proche avenir un successeur pour un mandat complet. En attendant, la gouvernance d‘Elisse Walter n‘entraînera pas de changement fondamental avec celle de Mary Schapiro puisque les deux femmes étaient très proches.

Après le départ de Mary Schapiro programmé pour le 14 décembre, son premier défi sera d‘empêcher une paralysie de l‘instance dirigeante de la SEC réduite à quatre membres.

“Avec des votes à 2-2, il ne se passera rien”, commente Edward Fleischman, ancien commissaire de la SEC, en faisant allusion à la répartition bipartisane de la Commission.

Walter et Schapiro votaient en tandem sur la plupart des sujets et étaient souvent opposées aux républicains Daniel Gallagher et Troy Paredes, alors que Luis Aguilar, autre commissaire démocrate, avait un vote décisif.

LA DIFFICILE RÉFORME DES FONDS COMMUNS DE PLACEMENT

Parmi les priorités de la Commission figure la réforme des fonds commun de placement, qui drainent une bonne partie de l’épargne aux Etats-Unis.

La Commission a durci en 2010 les règles sur la qualité des portefeuilles, mais Mary Schapiro et d‘autres régulateurs prônaient davantage de mesures pour éviter une autre vague de retraits susceptibles de geler l‘activité de crédit des banques, comme cela s’était produit en 2008 après la faillite de Lehman Brothers.

La présidente sortante avait été mise en minorité sur ce point en août dernier, soutenue seulement par Elisse Walter au sein de la Commission, et avait dû retirer ses propositions.

Le dossier a ensuite été examiné par le Conseil de surveillance de la stabilité financière (FSOC), sous la responsabilité du secrétaire au Trésor Timothy Geithner, qui a recommandé l‘adoption des réformes au grand dam des fonds.

Elisse Walter “pourrait être plus encline à un compromis et l‘industrie des fonds plus ouverte envers elle”, estime Peter Crane, analyste spécialiste des fonds monétaires.

En mars, Elisse Walter avait tenu des propos conciliants en appelant de ses voeux un “processus d‘engagement constructif”.

La SEC aura aussi fort à faire avec la mise en oeuvre de la loi Dodd-Frank, adoptée après la crise financière. Seulement 32 de ses 95 clauses ont été transcrites en règles. Parmi les dispositions qui restent à appliquer figurent un durcissement des règles sur les transactions de produits dérivés et l‘obligation de remboursement de primes et d‘autres bonus en cas de scandales comptables.

ÉVITER UN NOUVEAU “FLASH CRASH”

Beaucoup d‘investisseurs restent par ailleurs préoccupés par le risque que font peser sur la stabilité des marchés les transactions informatiques automatisées, dites à haute fréquence. En 2010, un incident technique provoqué par ces transactions ultra-rapides avait fait plonger le Dow Jones de 700 points en quelques minutes avant de rebondir.

Après ce “flash crash”, la SEC avait durci certaines règles sur les transactions boursières et enrichi sa palette de coupe-circuits pour les valeurs.

Mais un nouvel incident cet année, qui a failli couler la société de Bourse Knight Capital Group, a amené Mary Schapiro à demander à son administration de plancher sur de nouvelles normes “pour assurer la capacité et l‘intégrité” des systèmes de marché.

Les grands investisseurs, enfin, veulent voir la SEC leur donner plus de poids dans les questions de gouvernance des entreprises. Dans un communiqué, le Conseil des investisseurs institutionnels a ainsi exhorté Elisse Walter à “rendre le système de régulation financière plus transparent, plus responsable et à l’écoute des investisseurs”.

La SEC a déjà entrepris depuis plusieurs années, mais sans résultat tangible à ce jour, de revoir le système des votes par procuration aux assemblées générales. “Il est impératif de s‘assurer que les votes par procuration des investisseurs sont bien comptés et pris en compte”, souligne Amy Borrus.

Véronique Tison pour le service français, édité par Marc Angrand

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