Le marché sanctionne à peine la France après Moody's

mardi 20 novembre 2012 12h07
 

PARIS (Reuters) - La décision de Moody's de priver à son tour la France de son "triple A" n'a mardi qu'un impact très limité sur les marchés financiers même si, aux yeux de nombreux observateurs, elle accroît la pression sur le gouvernement Ayrault pour poursuivre l'assainissement budgétaire et les réformes structurelles.

Dix mois après Standard & Poor's, Moody's a abaissé lundi soir d'un échelon la note souveraine de l'Etat français, de Aaa à Aa1, et elle maintient une perspective négative, ce qui sous-entend qu'elle n'exclut pas de la dégrader de nouveau d'ici 18 mois à deux ans.

Largement anticipée par les marchés financiers (la note attribuée par Moody's était sous perspective négative depuis février), la nouvelle a été sanctionnée par une petite baisse de la Bourse et une petite hausse des coûts de financement de l'Etat.

A 10h50 GMT, l'indice CAC 40 cédait 0,1% après une hausse de près de 3% la veille, à comparer à une hausse de 0,04% de l'indice Stoxx50 des valeurs vedettes de la zone euro. Le rendement des obligations à 10 ans émises par Paris s'affichait à 2,11% sur la plate-forme de transactions Tradeweb, contre 2,08% lundi, un niveau guère éloigné des plus bas historiques.

Parallèlement, les CDS à 5 ans (credit default swaps) sur la dette française, un produit financier permettant à un investisseur de se garantir contre un risque de défaut à un horizon de cinq ans, augmentaient de quatre points de base à 93 points alors qu'ils atteignaient 250 points il y a un an.

"Le marché de la dette française est très liquide et reste un placement de référence pour les investisseurs internationaux, notamment dans un univers financier où le 'AA' devient la norme dans les grands pays occidentaux", explique Franklin Pichard, directeur de Barclays Bourse.

SCHÄUBLE DÉDRAMATISE

Reste que Paris s'éloigne un peu plus du "club" des Etats souverains encore notés "triple A" par les trois grandes agences de notation (Moody's, Standard & Poor's et Fitch Ratings), dont font partie entre autres l'Allemagne, les Pays-Bas, la Finlande et le Royaume-Uni.

Pour justifier sa décision, Moody's argue notamment de la perte continue de compétitivité de l'économie française, de la dégradation de ses perspectives de croissance, des rigidités de son marché du travail ainsi que de l'exposition de ses banques aux pays de la zone euro en difficulté.   Suite...

 
<p>La d&eacute;cision de Moody's de priver &agrave; son tour la France de son "triple A" n'a mardi qu'un impact tr&egrave;s limit&eacute; sur les march&eacute;s financiers m&ecirc;me si, aux yeux de nombreux observateurs, elle accro&icirc;t la pression sur le gouvernement Ayrault pour poursuivre l'assainissement budg&eacute;taire et les r&eacute;formes structurelles. A 11h50, le CAC 40 c&eacute;dait 0,1%, &agrave; comparer &agrave; une hausse de 0,04% du Stoxx50 des valeurs vedettes de la zone euro. /Photo d'archives/REUTERS/John Schults</p>