La BoJ maintient sa politique et défend son indépendance

mardi 20 novembre 2012 11h37
 

par Leika Kihara et Stanley White

TOKYO (Reuters) - La Banque du Japon a laissé mardi sa politique monétaire inchangée, résistant du moins pour l'instant aux pressions du probable futur Premier ministre japonais qui a plaidé pour un assouplissement "illimité" afin de relancer une économie considérée en récession.

Après avoir assoupli sa politique monétaire aussi bien en septembre qu'en octobre - et à quatre reprises depuis le début de l'année - la BoJ a laissé son taux directeur inchangé entre zéro et 0,1% et n'a pas annoncé de nouvelles mesures d'assouplissement quantitatif.

La banque centrale, qui opte ainsi pour le statu quo avant les élections du 16 décembre, dit vouloir prendre le temps d'évaluer l'impact de ses décisions des deux mois précédents, qui ont porté la taille du programme d'achats d'actifs et d'obligations à 91.000 milliards de yens (875 milliards d'euros), somme équivalente aux dépenses annuelles de l'Etat.

Au total, la BoJ a fait quatre annonces d'assouplissement quantitatif cette année pour alléger les pressions sur le yen et combattre la déflation, fléau de l'économie nippone depuis deux décennies. Son objectif d'inflation, fixé en février, est de 1%.

Shinzo Abe, chef de file du Parti libéral-démocrate, a placé la BoJ au centre des enjeux économiques à l'occasion des élections législatives du 16 décembre - scrutin que le PLD devrait remporter, selon les sondages - en laissant entendre que son gouvernement se montrerait plus exigeant vis-à-vis de la banque centrale en matière de politique monétaire.

L'ancien et possible futur Premier ministre a même laissé entendre qu'il entendait réviser la loi régissant les statuts de la BoJ, une proposition que ses détracteurs dénoncent comme portant atteinte à l'indépendance de la Banque du Japon, forçant cette dernière à faire tourner la planche à billets pour financer une dette qui représente déjà deux fois le produit intérieur brut (PIB) du pays.

Dans sa forme actuelle, la loi laisse toute liberté à la Banque du Japon en matière de politique monétaire. Le gouvernement nomme toutefois le gouverneur de la BoJ et les autres membres du conseil, ce qui permet déjà à Tokyo d'avoir une certaine influence sur les décisions.

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<p>Masaaki Shirakawa, le gouverneur de la Banque du Japon. La BoJ a laiss&eacute; mardi sa politique mon&eacute;taire inchang&eacute;e, r&eacute;sistant du moins pour l'instant aux pressions du probable futur Premier ministre japonais qui a plaid&eacute; pour un assouplissement "illimit&eacute;" afin de relancer une &eacute;conomie consid&eacute;r&eacute;e en r&eacute;cession. /Photo prise le 20 novembre 2012/REUTERS/Yuriko Nakao</p>