Mesures budgétaires en Grèce pour rassurer les créanciers

lundi 19 novembre 2012 13h14
 

ATHÈNES (Reuters) - La Grèce s'est efforcée d'envoyer un signal rassurant à ses créanciers avant la réunion de l'Eurogroupe en adoptant lundi des décrets qui encadrent les objectifs de déficit budgétaire et garantissent que les recettes des privatisations seront affectés à la réduction de la dette.

L'Eurogroupe doit examiner mardi le déblocage d'une nouvelle tranche d'aide de 30 milliards d'euros dont Athènes a un besoin urgent pour éviter un défaut de paiement.

"Nous avons tenu les promesses que nous avons faites", a déclaré à Reuters le porte-parole du gouvernement grec Simos Kedikoglou.

Les décrets gouvernementaux - qui ne nécessitent pas l'aval du Parlement - complètent le plan d'austérité voté par les députés au début du mois pour répondre aux exigences de la troïka des créanciers internationaux.

"La Grèce est prête pour mardi", a estimé tard dimanche soir le ministre grec des Finances Yannis Stournaras à l'issue d'un long entretien avec le Premier ministre Antonis Samaras.

Aux termes d'un des deux décrets, les recettes des privatisations seront déposées dans les dix jours sur un compte sous séquestre de la banque centrale, afin de garantir que ces fonds seront bien affectés au remboursement de la dette.

Ce compte a été créé dans le cadre du deuxième plan de sauvetage accordé par l'Union européenne et le Fonds monétaire international en mars dernier.

Les budgets du secteur public seront par ailleurs contrôlé chaque trimestre et, si les objectifs ne sont pas remplis, des baisses de dépenses ou des hausses d'impôts s'appliqueront automatiquement.

Si les objectifs budgétaires sont manqués de plus de 10% pendant deux trimestres consécutifs et qu'aucune mesure corrective n'est adoptée, le décret prévoit la nomination par le ministre des Finances d'un administrateur qui sera chargé de superviser les dépenses de l'administration concernée.

Le texte prévoit enfin qu'à partir de 2014, les entreprises du secteur public ne pourront plus emprunter qu'à des fins d'investissements, et avec l'aval du ministère des Finances.

Harry Papachristou et Lefteris Papadimas, Tangi Salaün pour le service français

 
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