Le secteur bancaire voué à réduire durablement ses effectifs

vendredi 16 novembre 2012 11h38
 

par Sarah White

LONDRES (Reuters) - Les grandes banques internationales ont annoncé quelque 160.000 suppressions d'emplois depuis le début de l'an dernier et elles ne devraient pas s'arrêter en chemin, le secteur financier dans son ensemble poursuivant une restructuration en profondeur qui passe par une fonte des effectifs de certaines activités.

L'analyse par Reuters des plans sociaux présentés par 29 des plus grands noms du marché montrent que les suppressions de postes touchent bien davantage l'Europe que l'Asie ou les Etats-Unis, et plus particulièrement encore le Royaume-Uni, où la finance pèse pour environ 10% de l'activité économique globale.

Le chiffre de 160.000 postes supprimés constitue sans doute une estimation basse, nombre d'établissements de taille inférieure et de courtiers ayant eux aussi réduit leurs effectifs, voire mis la clé sous la porte, tandis que de grandes banques n'ont pas encore précisé les plans qu'elles envisagent.

Le groupe allemand Commerzbank s'est ainsi refusé ces derniers jours à confirmer les informations évoquant son intention de supprimer 6.000 emplois.

Les plans annoncés depuis le début 2011 s'ajoutent à l'impact sur les effectifs de la crise financière de 2008-2009: au total, les 29 banques étudiées ont supprimé un chiffre net de 83.700 postes depuis 2009, soit le solde entre 167.200 départs et 83.500 recrutements.

La baisse marquée des volumes d'activité dans certains domaines, comme le courtage, et l'impact du durcissement de la réglementation financière devraient inciter les groupes concernés à réduire encore leur présence sur le marché de la banque d'investissement, un virage qui, pour certains, est un élément de leur survie.

"C'est à la fois une évolution structurelle et une réponse aux cycles de marché. Le marché compte encore trop de courtiers", estime Zaheer Ebrahim, du cabinet de recrutement Kennedy Group.

La banque suisse UBS a annoncé le mois dernier 10.000 suppressions de postes supplémentaires, qui viendront s'ajouter aux 3.500 décidées l'an dernier. Elle a dit vouloir sortir complément de la majeure partie de ses activités liées aux marchés des taux et de la dette.   Suite...

 
<p>Les grandes banques internationales ont annonc&eacute; quelque 160.000 suppressions d'emplois depuis le d&eacute;but de l'an dernier et elles ne devraient pas s'arr&ecirc;ter en chemin, le secteur financier dans son ensemble poursuivant une restructuration en profondeur qui passe par une fonte des effectifs de certaines activit&eacute;s. /Photo d'archives/REUTERS/Heinz-Peter Bader</p>