L'Espagne s'enfonce dans la récession au 3e trimestre

jeudi 15 novembre 2012 10h45
 

MADRID (Reuters) - L'Espagne s'est enfoncée un peu plus dans la récession au troisième trimestre, l'austérité budgétaire plombant la dépense publique tandis que la demande intérieure privée poursuivait sa dégradation, ce qui risque d'accroître la pression sur Madrid en faveur d'une demande d'aide internationale.

Le produit intérieur brut (PIB) espagnol s'est contracté de 0,3% au troisième trimestre, un chiffre conforme aux attentes, après une baisse de 0,4% au deuxième trimestre, montrent les chiffres officiels définitifs publiés jeudi.

L'Espagne, quatrième économie de la zone euro après l'Allemagne, la France et l'Italie, reste au coeur des préoccupations des responsables politiques et des marchés financiers, mais son Premier ministre Mariano Rajoy se refuse toujours à demander formellement une aide financière extérieure que beaucoup jugent inéluctable.

Une telle demande permettrait à la Banque centrale européenne de mettre en oeuvre son nouveau plan de soutien aux Etats en difficulté en achetant de la dette publique sur les marchés.

En rythme annuel, le PIB espagnol a reculé de 1,6% sur juillet-septembre après -1,4% (révisé de -1,3%) sur avril-juin. Ce chiffre est lui aussi conforme au consensus.

Madrid prévoit pour l'instant une contraction de 1,5% du PIB du pays sur l'ensemble de cette année, mais le ministre de l'Economie Luis de Guindos a déclaré jeudi que les derniers chiffres suggéraient un recul moins marqué.

Pour Tullia Bucco, économiste de la banque UniCredit, "il est vrai que l'Espagne a agréablement surpris grâce à la vigueur des exportations, qui a eu des répercussions favorables sur l'investissement. Mais si cela peut être un motif de soulagement pour Rajoy, cela ne change rien aux défis auxquels l'Espagne est confrontée."

Mercredi, l'Espagne a tourné au ralenti en raison d'un mouvement de grève lancé dans plusieurs pays de la zone euro contre les plans d'austérité. Des affrontements ont opposé des manifestants aux forces de l'ordre dans le centre de Madrid.

Les mesures de réduction des dépenses publiques annoncées par le gouvernement Rajoy représentent environ 60 milliards d'euros d'ici la fin 2014. Elles visent à ramener le déficit, qui a dépassé 9% du PIB en 2011, sous 3% dans deux ans.

Paul Day, Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique Tison

 
<p>L'&eacute;conomie espagnole s'est contract&eacute;e de 0,3% au troisi&egrave;me trimestre par rapport au pr&eacute;c&eacute;dent, un chiffre conforme aux attentes, apr&egrave;s une baisse de 0,4% au deuxi&egrave;me trimestre. /Photo prise le 24 septembre 2012/REUTERS/Sergio Perez</p>