November 15, 2012 / 6:39 AM / 5 years ago

France et Allemagne en croissance, zone euro en récession

6 MINUTES DE LECTURE

<p>L'&eacute;conomie fran&ccedil;aise a enregistr&eacute; une croissance de 0,2% au troisi&egrave;me trimestre apr&egrave;s un repli de 0,1% au deuxi&egrave;me, selon les premiers r&eacute;sultats des comptes nationaux trimestriels publi&eacute;s jeudi par l'Insee. /Photo d'archives/Thierry Roge</p>

par Jean-Baptiste Vey

PARIS/BERLIN (Reuters) - Les économies française et allemande sont parvenues à dégager une croissance de 0,2% au troisième trimestre tandis que l'ensemble de la zone se contractait de 0,1% pour entrer dans une nouvelle phase de récession, la deuxième depuis 2009.

En France, l'activité a été soutenue notamment par la consommation des ménages et le commerce extérieur, alors que de nombreux économistes attendaient une stagnation.

La France n'avait pas affiché de hausse de son produit intérieur brut (PIB) depuis un an (+0,2% au troisième trimestre 2011) et une entrée en récession sur les derniers mois de l'année était largement anticipée.

L'activité du deuxième trimestre a en revanche été revue à la baisse à -0,1% contre 0,0% estimé auparavant, précise l'Insee dans les premiers résultats des comptes nationaux du troisième trimestre publiés jeudi.

L'acquis de croissance pour 2012 s'établit à 0,2%, le gouvernement prévoyant +0,3% sur l'ensemble de l'année.

Trente économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne une croissance nulle au troisième trimestre, leurs estimations allant de +0,3% à -0,5%.

"Ces indicateurs sont prometteurs mais ils ne sont pas suffisants", a dit le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, à son arrivée à Berlin, avant une rencontre avec la chancelière Angela Merkel. "Le combat pour la croissance est engagé et on ne doit absolument pas faiblir."

L'économie allemande, la plus importante en Europe devant l'économie française, a elle aussi crû de 0,2% au troisième trimestre, a annoncé jeudi l'Office fédéral de la statistique.

Cette hausse, conforme aux attentes des économistes, marque un ralentissement de l'activité outre-Rhin après la progression de 0,3% constatée au deuxième trimestre.

En revanche, l'institut européen de la statistique Eurostat a annoncé une contraction de 0,1% du PIB de l'ensemble de la zone euro au troisième trimestre, un recul plus faible que celui attendu par les économistes (-0,2%) mais qui marque une nouvelle entrée en récession.

<p>LES PIB FRAN&Ccedil;AIS ET ALLEMAND</p>

"CROISSANCE MÉDIOCRE"

La croissance de 0,2%, "c'est le dernier bon chiffre allemand pour l'instant. L'économie allemande va probablement se contracter un peu au quatrième trimestre puisque les commandes ont baissé sur l'année écoulée et que le climat des affaires mesuré par l'indice Ifo s'est récemment effondré", commente Jörg Krämer, chef économiste de Commerzbank.

"C'est dû à l'incertitude causée par la crise de la zone euro", ajoute-t-il.

Pour la France, "le chiffre positif du troisième trimestre ne signifie pas la fin de la croissance médiocre car la demande privée (consommation et investissement des entreprises) est toujours très faible", prévient pour sa part Philippe Waechter, chef économiste de Natixis Asset Management, sur son compte Twitter.

Joost Beaumont, économiste chez ABN Amro, estime que les perspectives ne sont pas bonnes et il prévoit une contraction de l'économie française au quatrième trimestre.

"Nous prévoyons que la hausse du chômage, la hausse de 30 milliards d'euros des prélèvements sur les ménages et les entreprises et les conditions de crédit tendues pèseront sur la consommation", estime-t-il. "Parallèlement, les exportateurs feront encore face à une baisse de la demande des principaux partenaires commerciaux de la France, ce qui limitera la croissance des exportations."

Pour Marc Touati, économiste au cabinet ACDEFI, "la petite croissance de 0,2% du troisième trimestre est l'arbre qui cache la forêt d'une récession française qui ne veut pas dire son nom".

"Seulement voilà, les entreprises et les citoyens français ne sont pas dupes, ils vivent chaque jour la réalité de la faiblesse de l'activité et de la hausse du chômage", ajoute-t-il. "Pis, avec un euro toujours trop fort et la nouvelle augmentation à venir de la pression fiscale française, la récession ne peut que s'aggraver."

En France, la contribution de la demande intérieure finale (hors stocks) à la croissance du troisième trimestre est estimée à 0,2 point. Le commerce extérieur a contribué à hauteur de 0,3 point mais la variation des stocks a pénalisé l'évolution de l'activité à hauteur de -0,3 point.

En Allemagne, la consommation publique et privée a augmenté davantage qu'au deuxième trimestre, tandis que l'investissement dans la construction restait orienté à la hausse, compensant pratiquement la baisse de l'investissement industriel et la contraction des carnets de commandes, précise l'Office fédérale de la statistique.

Avec les bureaux de Berlin et Bruxelles, Elizabeth Pineau à Berlin et Marc Angrand pour le service français

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