Le différend UE-FMI sur la Grèce ravive les inquiétudes

mardi 13 novembre 2012 16h02
 

par Jan Strupczewski et Annika Breidthardt

BRUXELLES (Reuters) - Un conflit ouvert entre les bailleurs de fonds de la Grèce sur les moyens de rendre la dette du pays soutenable à long terme retarde le versement d'une nouvelle tranche d'aide et réveille les craintes d'une dislocation de la zone euro.

Les ministres des Finances de la zone euro pensent que la Grèce, épicentre de la crise de la dette, devrait avoir jusqu'en 2022 pour ramener son ratio d'endettement à 120% de son PIB, tandis que le Fonds monétaire international (FMI) insiste pour que l'échéance reste fixée à 2020.

"De notre point de vue, le calendrier approprié, c'est 120% en 2020", a dit Christine Lagarde, affichant au grand jour un conflit feutré existant depuis plusieurs semaines. "Nous avons clairement des points de vue différents. Ce qui importe au bout du compte, c'est la soutenabilité de la dette grecque afin que ce pays puisse être remis sur pied", a-t-elle ajouté lundi soir.

Ce vif échange avec le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, cache un désaccord sur la nécessité ou pas d'effacer une partie de la dette de la Grèce pour permettre au pays de reconstruire une économie viable.

Le FMI fait pression en faveur d'un effacement partiel de la dette ("haircut"), alors que l'Allemagne, premier contributeur aux fonds de sauvetage européens, rejette violemment cette idée.

Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a déclaré mardi à la presse que l'échéance de 2020 était "un peu trop ambitieuse".

"Il y a un débat sur la question d'un 'haircut' pour les créanciers publics. A ce sujet, je dirais - et la plupart des pays l'ont dit au cours des dernières semaines - que ce n'est pas possible d'un point de vue juridique."

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<p>Un conflit ouvert entre les bailleurs de fonds de la Gr&egrave;ce sur les moyens de rendre la dette du pays soutenable &agrave; long terme retarde le versement d'une nouvelle tranche d'aide et r&eacute;veille les craintes d'une dislocation de la zone euro. /Photo prise le 13 novembre 2012/REUTERS/Fran&ccedil;ois Lenoir</p>