Pas d'aide immédiate à la Grèce mais un sursis de 2 ans probable

lundi 12 novembre 2012 21h46
 

par Robin Emmott et Jan Strupczewski

BRUXELLES/BERLIN (Reuters) - Les dirigeants de la zone euro ne sont pas prêts à donner leur feu vert au versement d'une nouvelle tranche d'aide à la Grèce faute d'un consensus sur les moyens de rendre soutenable la dette publique du pays sur les dix prochaines années.

Les ministres des Finances de la zone euro, réunis lundi à Bruxelles, devraient en revanche accorder un sursis de deux ans à Athènes pour atteindre ses objectifs budgétaires, ce qui impliquera 32,6 milliards d'euros de financements supplémentaires, selon un projet de rapport de la troïka des créanciers publics internationaux.

Le Parlement grec a adopté dimanche soir le projet de budget 2013 après avoir validé mercredi un plan d'austérité censé lui permettre d'obtenir le déblocage d'une nouvelle tranche d'aide de 31,5 milliards d'euros.

Pour un certain nombre de responsables européens toutefois, les fonds ne seront pas débloqués dans l'immédiat, les ministres attendant que la troïka - qui réunit la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international (FMI) - présente son "analyse de la soutenabilité de la dette" grecque.

Ce document doit préciser comment la Grèce est supposée ramener sa dette, qui avoisine actuellement 190% de son produit intérieur brut (PIB) à 120% d'ici 2020 ou peu après, et si cet objectif est crédible.

Trois sources ont déclaré à Reuters que, selon les derniers calculs de la troïka, la dette publique grecque reviendrait à 144% du PIB en 2020 et diminuerait d'environ dix points supplémentaires au cours des deux années suivantes si les politiques actuelles restaient inchangées.

"Il n'y aura pas de décision définitive aujourd'hui, mais je pense que l'opinion qui prévaut est que nous aimerions que le prochain versement soit effectué de la manière la plus efficace possible", a déclaré Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe.

32,6 MILLIARDS DE PLUS   Suite...

 
<p>Le ministre des Finances grec Yannis Stournaras et la directrice g&eacute;n&eacute;rale du Fonds mon&eacute;taire international Christine Lagarde, &agrave; Bruxelles. Les dirigeants de la zone euro ne sont pas pr&ecirc;ts &agrave; donner leur feu vert au versement d'une nouvelle tranche d'aide &agrave; la Gr&egrave;ce faute d'un consensus sur les moyens de rendre soutenable la dette publique du pays sur les dix prochaines ann&eacute;es. /Photo prise le 12 novembre 2012/REUTERS/Yves Herman</p>