Décote plus importante que prévu de Banco Popular
MADRID (Reuters) - Banco Popular a dû consentir à une décote plus importante que prévu pour convaincre les investisseurs de souscrire à une augmentation de capital de 2,5 milliards d'euros, somme censée éviter à la banque espagnole d'avoir recours à une aide européenne.
Cet appel au marché, qui avait été annoncé le 1er octobre, a été approuvé samedi par les actionnaires lors d'une assemblée générale extraordinaire au cours de laquelle certains petits porteurs ont exprimé leur colère à l'encontre de la direction de banque, tenue responsable de la chute de près de 70% du cours de l'action depuis le début de l'année.
Popular, sixième banque espagnole par les actifs, a subi de plein fouet l'effondrement du marché immobilier du pays et fut le principal établissement non nationalisé à ne pas avoir réussi des tests de résistance menés en septembre.
L'audit du cabinet privé Oliver Wyman avait estimé que Popular avait besoin de 3,2 milliards d'euros supplémentaires pour résister à un nouveau choc économique de grande ampleur, une conclusion qui avait conduit la banque à annoncer son augmentation de capital.
Dans le cadre de cette opération, Popular propose trois nouvelles actions par action existante détenue à un prix unitaire de 0,401 euros. Cela représente une décote de 64% par rapport au cours de clôture de vendredi de 1,118 euro alors que les analystes financiers avaient anticipé sur un rabais de 55%.
Comme annoncé début octobre, Popular a également suspendu le versement de dividendes pour préserver son bilan.
L'éclatement de la bulle immobilière vers fin de la décennie 2000-2010 a laissé les banques espagnoles avec 184 milliards d'euros de créances irrécouvrables et de projets inachevés.
Le gouvernement espagnol a mis en place une structure de défaisance, la Sareb, pour nettoyer le système bancaire des actifs toxiques hérités de la bulle immobilière.
Et Madrid a obtenu de ses partenaires européens une ligne de crédit de 100 milliards d'euros pour secourir les banques les plus touchées.
Tomas Cobos, Benoit Van Overstraeten pour le service français
© Thomson Reuters 2013 Tous droits réservés.

