Aucun vainqueur, le pire des scénarios pour Wall Street

mardi 6 novembre 2012 17h27
 

NEW YORK (Reuters) - Investisseurs et traders semblaient d'accord sur un point avant le scrutin présidentiel américain : les marchés veulent un vainqueur sans conteste mercredi.

Le dernier sondage Reuters-Ipsos donne deux points d'avance au démocrate Barack Obama sur le républicain Mitt Romney, à 48% contre 46%, et la moyenne des enquêtes d'opinion accorde un léger avantage au président sortant dans plusieurs Etats clés, comme l'Ohio, la Virginie et l'Iowa.

Mais les marchés détestent l'incertitude plus que tout et l'impossibilité de connaître rapidement le nom du prochain président de la première puissance économique mondiale serait sans doute la pire des incertitudes. Wall Street a encore en souvenir la longue polémique qui avait suivi le scrutin de 2000 opposant Al Gore à George W. Bush.

"Si on se réveille mercredi matin sans connaître les résultats, cela repoussera le problème du mur budgétaire, qui est le prochain sujet à l'ordre du jour", explique Art Hogan, directeur exécutif de Lazard Capital Markets à New York.

Les marchés sont de plus en plus préoccupés par la perspective du "mur budgétaire" qui pourrait voir, faute d'accord politique, une série d'allégements d'impôts disparaître à la fin de l'année alors que s'appliqueraient des coupes automatiques dans les dépenses budgétaires, privant brutalement l'économie de 600 milliards de dollars au risque de provoquer un choc récessif.

La Bourse américaine "est sans tendance depuis plusieurs semaines à cause de l'incertitude sur la tournure que prendra la politique budgétaire et fiscale l'année prochaine", explique Perry Viazza, de Contango Capital Advisors à San Francisco.

Autre sujet de préoccupation pour Wall Street : la perspective d'une victoire éventuelle de Mitt Romney qui menacerait le sort de Ben Bernanke, le président de la Réserve fédérale.

Le candidat républicain a déclaré qu'il ne confierait pas un nouveau mandat à Ben Bernanke s'il entrait à la Maison blanche alors que la politique monétaire ultra-accommodante pilotée par le président de la Fed a favorisé la hausse des actions et des obligations ces dernières années.

L'indice S&P 500 a gagné 67% depuis l'entrée en fonction de Barack Obama, l'un des plus fortes hausses jamais enregistrées sur la durée d'un mandat présidentiel.

Parallèlement, malgré la dégradation de la note souveraine des Etats-Unis par l'agence Standard & Poor's en août 2011, le rendement des emprunts d'Etat américains à dix ans est tombé cette année à un plus bas historique, à moins de 1,4%.

Rodrigo Campos, Marc Angrand pour le service français, édité par Gilles Trequesser

 
<p>Investisseurs et traders semblaient d'accord sur un point avant le scrutin pr&eacute;sidentiel am&eacute;ricain : les march&eacute;s veulent un vainqueur sans conteste mercredi. /Photo d'archives/REUTERS/Lucas Jackson</p>