6 novembre 2012 / 15:43 / dans 5 ans

Hausse de la demande d'électricité de 50% d'ici 2022, estime RTE

<p>Environ 700 milliards de dollars devront &ecirc;tre investis dans les dix prochaines ann&eacute;es dans le monde pour adapter les r&eacute;seaux de transport d'&eacute;lectricit&eacute; au d&eacute;veloppement des &eacute;nergies renouvelables et &agrave; la demande croissante dans les pays &eacute;mergents, estime RTE. /Photo prise le 8 f&eacute;vrier 2012/REUTERS/Vincent Kessler</p>

par Muriel Boselli

PARIS (Reuters) - Environ 700 milliards de dollars devront être investis dans les dix prochaines années dans le monde pour adapter les réseaux de transport d’électricité au développement des énergies renouvelables et à la demande croissante dans les pays émergents, estime RTE.

Le réseau de transport français estime que lui et ses 15 principaux homologues - qui distribuent 70% de l’électricité consommée dans le monde - devront faire face à une demande mondiale en hausse de 50% d‘ici 2022, année où l’énergie renouvelable égalera la capacité de 250 réacteurs nucléaires.

“En Amérique du nord et en Europe, le besoin d‘investissements est lié à l‘impératif de connecter des dizaines de milliers de megawatts de production solaire et éolienne”, a dit à Reuters le président de RTE, Dominique Mailard, mardi en marge d‘une rencontre entre ces réseaux de transports d’électricité organisée à Paris.

“Si on n‘arrive pas à développer comme il faut les réseaux, soit la transition énergétique sera une belle expression qui restera lettre morte soit on prendra des risques”, a-t-il ajouté en référence à la possible multiplication des coupures de courant.

En France, RTE, filiale à 100% d‘EDF prévoit d‘investir 15 milliards d‘euros d‘ici 2020 dans ses 100.000 km de lignes à haute tension.

Dans l‘Union européenne, ces investissements devraient atteindre 46 milliards d‘euros d‘ici 2020 et 68 milliards supplémentaires d‘ici 2030, avait estimé l‘année dernière la Fondation européenne pour le climat.

LONGS DÉLAIS

Au delà des problèmes de financement résultant de la situation économique, l‘acceptation des projets de ligne à haute tension par les citoyens représente la principale difficulté pour développer de nouveaux projets en Europe.

“Il y a 50 ou 60 ans, l’électricité était considérée comme un bien nécessaire. Maintenant, il y a l‘idée qu‘on est dans un monde fini, que l’électricité est acheminée partout et que de nouveaux ouvrages ne sont pas nécessaires”, dit Dominique Maillard.

Pourtant, l‘Allemagne peine à acheminer l’électricité produite au Nord vers les grandes industries du sud du pays, cite-t-il à titre d‘exemple.

Il ajoute qu‘aujourd‘hui, un projet de ligne à haute tension nécessite entre huit et dix ans pour être achevé, contre quelques années auparavant.

Entre la France et l‘Espagne, la construction d‘une connexion électrique a mis 25 ans à voir le jour, en raison notamment de fortes oppositions locales, liées aux inquiétudes pour l‘environnement et la santé des riverains.

De leur côté, les pays émergents développent rapidement leurs réseaux et construisent des lignes pouvant transporter deux fois plus d’électricité que celles installées en Europe, jusqu’à 800.000 volts en Chine contre 400.000 volts en Europe.

“Les pays émergents sont un peu dans la situation qui était la nôtre pendant les Trente Glorieuses, où la demande en électricité doublait tous les sept ans, comme c‘est le cas aujourd‘hui en Chine, en Inde et au Brésil”, rappelle Dominique Maillard.

édité par Marion Douet et Gilles Trequesser

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