Restauration et bâtiment critiquent la hausse de la TVA

mardi 6 novembre 2012 15h19
 

PARIS (Reuters) - L'hôtellerie-restauration et le bâtiment ont brandi mardi le spectre de milliers de suppressions d'emplois après l'annonce par le gouvernement du projet de hausse de trois points du taux de TVA intermédiaire, qui passerait à 10% en 2014.

Les deux secteurs sont les principaux concernés par cette décision qui doit contribuer au financement du nouveau crédit impôt pour la compétitivité et l'emploi (Cice) destiné à alléger de 20 milliards d'euros à l'horizon 2016 les coûts des entreprises.

"Une hausse de la TVA sans aucune compensation au niveau du coût du travail, c'est catastrophique pour notre secteur", a déclaré à Reuters Didier Chenet, président du Synhorcat (Syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs).

La conséquence immédiate, a-t-il dit, en sera la suppression de la "prime TVA" octroyée aux employés du secteur quand il a obtenu de Nicolas Sarkozy en 2009 d'être assujetti au taux réduit de TVA de 5,5%. Cette prime avait été maintenue après le relèvement de ce taux à 7% au 1er janvier dernier.

L'emploi devrait être également touché à terme, les hôteliers-restaurateurs chiffrant à "à peu près 10.000 emplois" l'impact d'un point de TVA, a ajouté Didier Chenet.

L'annonce de cette hausse est intervenue au moment où le secteur négociait avec le gouvernement de nouveaux engagements en échange du maintien d'un taux de TVA réduit.

Un rapport parlementaire, qu'il conteste avec véhémence, lui reproche de ne pas avoir tenu ceux qu'il avait pris en matière d'emplois et de prix lors de la baisse de 2009.

La Fédération française du bâtiment (FFB) a déclaré de son côté que la hausse de la TVA appliquée aux travaux de rénovation des logements aurait "des effets catastrophiques sur l'activité et sur l'emploi, provoquant inévitablement un retour massif du travail au noir".

La FFB estime à "au moins 20.000" les destructions d'emplois qu'elle occasionnera.

"Elle marquera la fin des engagements en faveur de la rénovation énergétique de 500.000 logements par an et affectera inévitablement l'activité des organismes HLM", ajoute-t-elle en réclamant que le nouveau taux réduit de 5% s'applique aux travaux sur le logement.

Yann Le Guernigou et Emmanuel Jarry, édité par Gilles Trequesser

 
<p>LES TAUX DE TVA</p>