Louis Gallois souhaite un niveau plus acceptable de l'euro

lundi 5 novembre 2012 19h22
 

PARIS (Reuters) - Louis Gallois presse l'Eurogroupe et la Banque centrale européenne (BCE) de s'exprimer "clairement" sur le taux de change de l'euro, qu'il juge en partie responsable de la perte de compétitivité des entreprises françaises.

Dans le rapport qu'il a remis lundi au Premier ministre français, l'ancien PDG de la SNCF et d'EADS estime que le redressement de la compétitivité des pays européens les plus exposés à la concurrence par les prix, dont la France, passe par "un niveau plus acceptable de l'euro".

"Le niveau élevé de l'euro, par rapport aux autres monnaies mondiales entre 2005 et 2012 (...) a joué un rôle - très souvent sous-estimé - dans la divergence des économies européennes", écrit le Commissaire général à l'investissement.

Les pays qui ont su échapper à la concurrence par les prix en créant des "avantages différenciants" ont bénéficié de l'euro fort, qui réduisait le coût de leurs importations sans faire souffrir leurs exportations, explique-t-il.

En revanche, les pays exposés à la compétition par les prix comme la France ont vu leur compétitivité durement atteinte : l'euro fort a pesé sur leurs prix à l'exportation, qui sont devenus de moins en moins générateurs de marges, et stimulé les importations de produits manufacturés concurrents.

"Pour faire simple, l'euro fort renforce les forts et affaiblit les faibles", écrit Louis Gallois.

Les économistes estiment qu'un niveau "acceptable" de l'euro se situe entre 1,15 et 1,2 dollar, rappelle-t-il. Son taux de change s'établissait à 1,27 dollar lundi soir.

"Il importe que l'Eurogroupe, qui en a la responsabilité, appuyé par la BCE qui en a les clés, s'exprime clairement", ajoute le commissaire à l'Investissement. "Les marchés fixent la valeur des monnaies mais l'expérience montre qu'ils écoutent ce que disent les responsables politiques et ils mesurent ce que font les Banques Centrales."

Il assure cependant ne pas sous-estimer la difficulté de dégager un consensus sur ce point au sein de l'Eurogroupe.

Emmanuel Jarry et Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

 
<p>Louis Gallois presse l'Eurogroupe et la Banque centrale europ&eacute;enne (BCE) de s'exprimer "clairement" sur le taux de change de l'euro, qu'il juge en partie responsable de la perte de comp&eacute;titivit&eacute; des entreprises fran&ccedil;aises. /Photo d'archives/REUTERS/John Kolesidis</p>