Le diagnostic sévère de Gallois sur la situation des entreprises

lundi 5 novembre 2012 16h17
 

PARIS (Reuters) - La cote d'alerte est atteinte : tel est le titre de la première partie du rapport de Louis Gallois, dans lequel l'ancien patron d'EADS dresse un "diagnostic assez sévère", selon ses termes, de la situation des entreprises françaises.

Chiffres à l'appui, l'auteur du document remis lundi au Premier ministre estime que "l'industrie française atteint aujourd'hui un seuil critique, au-delà duquel elle est menacée de déstructuration".

"Les drames industriels, que la presse évoque tous les jours, émeuvent à juste titre l'opinion publique et lui donnent le sentiment que l'industrie 'fout le camp' et, pire, que c'est irrémédiable", écrit-il.

Les statistiques choisies pour étayer son propos sont parlantes : la part de l'industrie (hors construction) dans la valeur ajoutée du pays est passée de 18% en 2000 à 12,5% en 2011, plaçant la France au 15e rang des 17 pays de la zone euro, loin derrière l'Italie, la Suède ou l'Allemagne.

En 30 ans, la France a perdu "plus de deux millions d'emplois industriels". Ce type d'emploi (hors construction) englobait 26% de l'emploi salarié en 1980, soit 5,1 millions de salariés). Ils étaient 3,1 millions, soit 12,6%, en 2011.

Le rapport note les faiblesses à l'export d'un pays où le solde de la balance commerciale est passé d'un excédent de 3,5 milliards d'euros en 2002 à un déficit de 71,2 milliards en 2011.

Au sein de l'Union européenne, premier débouché commercial de la France (58,4% des exportations en 2011), la part de marché des exportations est passée de 12,7% en 2000 à 9,3% en 2011.

En comparaison, les exportations intracommunautaires de l'Allemagne ont progressé sur la même période de 21,4% à 22,4%.

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<p>La cote d'alerte est atteinte : tel est le titre de la premi&egrave;re partie du rapport de Louis Gallois, dans lequel l'ancien patron d'EADS dresse un "diagnostic assez s&eacute;v&egrave;re", selon ses termes, de la situation des entreprises fran&ccedil;aises. /Photo d'archives/REUTERS/Ognen Teofilovski</p>