Gallois, un rapport de plus sur la compétitivité?

dimanche 4 novembre 2012 11h46
 

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Attendu comme un oracle, le rapport sur la compétitivité des entreprises françaises, que l'ex-PDG de la SNCF et d'EADS Louis Gallois rend lundi, est censé ouvrir un nouveau chantier. Mais le gouvernement ne dispose que de moyens extrêmement réduits.

Un premier train de mesures a illustré cet été la volonté du président François Hollande de tenir ses engagements électoraux, dont l'abrogation de la "TVA sociale" votée par la majorité sortante. Puis, l'élaboration du projet de budget 2013 a été centrée sur l'objectif de déficits publics ramenés à 3% du PIB.

Mardi, après un séminaire gouvernemental, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault dira comment il entend remédier au déficit de compétitivité qui plombe la balance commerciale de la France et y attise la désindustrialisation -environ deux millions d'emplois industriels perdus en 30 ans.

Or les deux premières séquences, qui se traduiront par un "choc fiscal" d'une trentaine de milliards d'euros pour les ménages et les entreprises en 2013, privent le gouvernement des marges de manoeuvre qui auraient facilité la troisième.

"On ne peut pas en même temps redresser les finances publiques et faire un choc de compétitivité" -un transfert massif et immédiat de cotisations sociales patronales sur l'impôt- admet-on de source gouvernementale.

Dans ce contexte, le rapport Gallois, objet de polémiques avant même sa publication retardée de trois semaines, risque de n'apparaître que comme un rapport de plus sur le sujet.

François Hollande n'a-t-il pas dit le 19 octobre à Bruxelles qu'il engageait son seul auteur? Avant d'assurer cependant que le gouvernement en retiendrait "sûrement beaucoup d'éléments".

"Nous n'avons pas besoin d'un rapport supplémentaire sur la compétitivité. Nous en avons plein nos bibliothèques", juge l'économiste Elie Cohen, professeur à l'Institut de Sciences Politiques de Paris. "Je n'attends rien de ce rapport."   Suite...

 
<p>Attendu comme un oracle, le rapport sur la comp&eacute;titivit&eacute; des entreprises fran&ccedil;aises, que l'ex-PDG de la SNCF et d'EADS Louis Gallois rend lundi, est cens&eacute; ouvrir un nouveau chantier. Mais le gouvernement ne dispose que de moyens extr&ecirc;mement r&eacute;duits. /Photo d'archives/REUTERS/Fran&ccedil;ois Lenoir</p>