2 novembre 2012 / 07:53 / il y a 5 ans

Groupama AM s'attend à une inflexion de la rigueur

<p>Groupama Asset Management s'attend &agrave; une d&eacute;t&eacute;rioration de la conjoncture &eacute;conomique qui va tr&egrave;s probablement conduire les pays de la zone euro, notamment les Etats du sud de la r&eacute;gion et la France, &agrave; infl&eacute;chir leurs politiques d'aust&eacute;rit&eacute; budg&eacute;taire pour &eacute;taler dans le temps la r&eacute;duction des d&eacute;ficits publics. /Photo d'archives/Dado Ruvic</p>

par Raoul Sachs

PARIS (Reuters) - Groupama Asset Management s'attend à une détérioration de la conjoncture économique qui va très probablement conduire les pays de la zone euro, notamment les Etats du sud de la région et la France, à infléchir leurs politiques d'austérité budgétaire pour étaler dans le temps la réduction des déficits publics.

Cette perspective et l'action de la Banque centrale européenne (BCE) devraient renforcer la confiance des investisseurs et profiter aux actifs risqués (emprunts d'Etat espagnols et italiens, dette privée et actions), a déclaré Gaëlle Malléjac, directrice de la gestion de taux chez Groupama AM, lors d'un entretien à Reuters.

"La situation économique est fragile et elle va le rester dans les mois qui viennent avec une zone euro qui bascule en récession", a-t-elle déclaré.

"On a une situation qui s'aggrave dans les pays du Sud et on voit aussi que les pays du Nord, notamment ceux du noyau dur, vacillent depuis le début de l'été. On a notamment des signes d'affaiblissement en Allemagne."

"Dans cet environnement fondamental (...), il va de soi pour nous que les Etats de la zone euro et particulièrement les Etats du Sud aurons beaucoup de mal à atteindre leurs cibles budgétaires", a expliqué la responsable de la société de gestion.

"La France est sur la voie d'une entrée en récession", a-t-elle dit en soulignant que les objectifs de réduction des déficits publics à 3% du PIB en 2013 "ne sont pas réalistes" car fondé sur une prévision de croissance "trop élevée" (+0,8%).

MERKEL PLUS FLEXIBLE

Groupama AM reste cependant neutre sur la dette française alors qu'elle sous-pondère la dette allemande, dont le rendement est nul pour un investisseur.

"Il nous semble que si le spread (écart de taux d'intérêt) entre l'Allemagne et la France est si serré aujourd'hui, ce n'est pas pour des raisons fondamentales mais pour des raisons de flux", explique-t-elle en indiquant que nombre d'investisseurs étrangers, notamment des banques centrales asiatiques qui cherchent à se positionner sur l'euro, achètent de la dette française.

"Ces flux qui poussent le spread France-Allemagne aux niveaux actuels (60/80 points de base pour les emprunts à 10 ans), vont continuer à soutenir la dette française" qui, à notation équivalente, offre un meilleur rendement dans un marché profond et très liquide.

"Un réécartement du spread, et donc une hausse des taux français, pourrait intervenir quand il y aura d'autres alternatives. L'Italie pourrait devenir le principal concurrent de la France quand la situation en zone euro aura évolué favorablement et quand reviendra la confiance dans ce pays qui, sans être noté 'AAA', a aussi une dette profonde et liquide."

Groupama AM constate une inflexion des discours des dirigeants européens qui mettent de plus en plus l'accent sur la croissance et se montrent plus flexibles sur la rigueur.

"On a entendu Madame (Angela) Merkel au mois d'octobre qui faisait état du besoin de soutenir la croissance de l'Allemagne", dit-elle. "La chancelière allemande parle maintenant de relance et dit qu'il est de son devoir de faire quelque chose pour la relance de l'économie en Europe".

L'AUSTÉRITÉ NUIT À SES PROPRES OBJECTIFS

Gaëlle Malléjac reprend les critiques récentes adressées aux politiques d'austérité par le Fonds monétaire international (FMI), pour qui une réduction du déficit public d'un point de PIB se traduit depuis le début de la crise non pas par une perte de croissance de 0,5% mais par une perte de 0,9% à 1,7%.

"On voit bien que les politiques d'austérité nuisent à leur propre objectif", dit-elle.

Elle affirme toutefois que malgré une conjoncture déprimée, l'effet combiné de l'assouplissement attendu des politiques d'austérité et de l'action de la BCE devrait restaurer la confiance des investisseurs et continuer à soutenir les actifs risqués en 2013.

Elle y met plusieurs conditions: le maintien de l'engagement de réduction des déficits, la poursuite des avancées institutionnelles en zone euro et une décision rapide de l'Espagne sur une demande d'aide européenne, condition au déclenchement du nouveau dispositif de rachat de dette par la BCE (OMT).

"Globalement, cela se traduit par un repositionnement de notre portefeuille obligataire sur l'Espagne. Nous avons racheté de la dette espagnole, que nous surpondérons. Nous avons racheté de la dette italienne mais dans une moindre mesure", a précisé Gaëlle Malléjac.

"L'objectif de la BCE est d'éliminer toute prime de risque liée au risque d'éclatement de la zone euro."

Cette prime s'est traduite par des disparités des taux d'emprunts intolérables dans une union monétaire.

Groupama AM reste surpondéré sur la dette privée européenne de la catégorie investissement (IG) avec un renforcement des bonnes signatures espagnoles et italiennes, qui avaient subi le risque pays, ainsi que de la dette senior des banques de la zone euro.

Raoul Sachs

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