1 novembre 2012 / 13:48 / il y a 5 ans

Les fabricants de parfums redoutent une législation européenne

<p>Les fabricants de parfums exhortent la Commission europ&eacute;enne de renoncer &agrave; adopter une nouvelle l&eacute;gislation qui risque de restreindre les ingr&eacute;dients naturels &agrave; l'origine d'allergies, qui pourrait selon eux menacer la fabrication des parfums de luxe. /Photo prise le 2 ao&ucirc;t 2012/Paulo Whitaker</p>

par Astrid Wendlandt

Paris (Reuters) - Les fabricants de parfums exhortent la Commission européenne de renoncer à adopter une nouvelle législation qui risque de restreindre les ingrédients naturels à l'origine d'allergies, qui pourrait selon eux menacer la fabrication des parfums de luxe, ont indiqué plusieurs sources industrielles.

Les fabricants de parfums haut de gamme redoutent d'être forcés par l'Union européenne (UE) à changer les formules de leurs fragrances, ce qui pourrait altérer la composition de parfums mondialement connu comme le N°5 de Chanel créé en 1921.

La Commission européenne pourrait décider de légiférer en suivant les recommandations publiées en juillet par le Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs (SCCS).

Le comité a estimé entre 1% et 3% le nombre de personnes en Europe étant allergique ou potentiellement allergique aux ingrédients présents dans les parfums, une proportion assez élevée pour susciter des inquiétudes.

Il recommande ainsi de restreindre la concentration de 12 ingrédients à 0,01% du produit fini.

Sont concernés le citral présent dans les huiles de citron et de mandarine, la coumarine que l'on trouve dans les fèves des arbres tropicaux de Tonka, et l'eugénol, présent dans l'essence de rose.

Mais pour l'industrie des parfumeurs de luxe, qui pèse 24,3 milliards de dollars, une législation aurait pour conséquence de modifier l'odeur des plus grands parfums et de restreindre les créateurs de fragrances en limitant leur palette d'ingrédients.

"Cela serait la fin de parfums magnifiques si nous ne pouvons utiliser ces ingrédients", a dit à Reuters Françoise Montenay, présidente non exécutive de Chanel.

Le Comité propose notamment une interdiction pure et simple des mousses d'arbre, à l'origine des notes boisées distinctives du Chanel N°5 et du Miss Dior.

"(Ces ingrédients sont) l'épine dorsale d'environ 90% des parfums de luxe", a précisé Pierre Sivac, président de l'Association internationale des parfums (IFRA), dont font partie l'américain International Flavors&Fragrances et le suisse Givaudan.

"Tous les citoyens ont droit à la même protection", a pour sa part déclaré le président du SCCS Ian White.

La Commission européenne en charge de la santé et du consommateur a précisé à Reuters être en discussions avec les parties concernées, y compris les fabricants de parfums, pour évaluer les recommandations du SCCS et leur impact potentiel sur l'industrie.

"A la lumière de l'avis du SCCS, la Commission réfléchit actuellement sur les mesures réglementaires pour mettre en oeuvre l'opinion scientifique dans la législation des cosmétiques et garantir une protection appropriée pour les consommateurs", a dit l'exécutif européen.

HÉRITAGE CULTUREL

L'impact d'une telle législation se ferait sentir sur les grands groupes de luxe comme LVMH, qui possède Dior et Guerlain, jusqu'aux centaines de petits producteurs de plantes à travers le monde.

"Il est essentiel de préserver l'héritage culturel olfactif de l'Europe", a indiqué LVMH dans un communiqué, tout en reconnaissant que le bien-être des consommateurs était une "inquiétude majeure".

Toute législation réduisant l'usage d'ingrédients naturels dans les parfums aurait aussi un impact sur les producteurs de fragrance tels que Givaudan, Firmenich, Symrise, Takasago ou encore le français Robertet.

Des sources industrielles ont indiqué s'attendre à ce qu'une proposition de législation soit déposée en janvier 2014. Toutefois, la Commission européenne n'a pas souhaité faire de commentaires sur un calendrier.

De même source, on indique que des associations professionnelles, comme l'IFRA et Cosmetics Europe, souhaitent déposer une proposition industrielle commune à la Commission d'ici la fin 2012.

Blandine Hénault pour le service français

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