La "bad bank" espagnole aura du mal à séduire les investisseurs

jeudi 1 novembre 2012 12h18
 

par Tom Bill

MADRID (Reuters) - La structure de défaisance mise en place par l'Espagne pour nettoyer le système bancaire des actifs toxiques hérités de la bulle immobilière peinera à séduire les investisseurs, freinant ainsi les efforts de Madrid pour sortir de la crise économique.

Des spécialistes du marché immobilier estiment que près des deux tiers des actifs que la "bad bank" reprendra aux banques commerciales ne trouveront pas preneur, du moins à court terme.

En principe opérationnelle fin novembre, la "Société de gestion des actifs liés à la restructuration bancaire" (Sareb) compte reprendre à terme pour quelque 90 milliards d'euros d'actifs qui seront ensuite proposés aux investisseurs sur une période de 15 ans.

Si les logements haut de gamme ou locaux occupés ne devraient pas poser de problème, il n'en va pas de même pour les projets en chantier ou terrains non construits, qui représentent selon les experts entre 60 et 65% des actifs toxiques.

L'éclatement de la bulle immobilière a laissé les banques espagnoles avec 184 milliards d'euros de créances irrécouvrables et de projets inachevés.

"Depuis cinq ans, le foncier a perdu toute sa valeur", observe Rafael Powley, consultant de la firme Jones Lang LaSalle basé à Madrid. "Il n'y a pas d'acheteur et si vous voulez vendre tout de suite, il n'y aura même pas de prix".

DÉCOTE DE 79,5% POUR LES TERRAINS

Le krach immobilier a entraîné toute l'économie espagnole, désormais au centre de la crise de la dette en Europe.   Suite...

 
<p>La structure de d&eacute;faisance mise en place par l'Espagne pour nettoyer le syst&egrave;me bancaire des actifs toxiques h&eacute;rit&eacute;s de la bulle immobili&egrave;re peinera &agrave; s&eacute;duire les investisseurs, freinant ainsi les efforts de Madrid pour sortir de la crise &eacute;conomique. /Photo d'archives/REUTERS/Sergio Perez</p>