Les banques françaises n'en ont pas fini avec la crise

lundi 29 octobre 2012 15h04
 

par Matthias Blamont et Lionel Laurent

PARIS (Reuters) - Les banques tricolores enregistrent une diminution de leur rentabilité dans leurs activités de détail en France, une tendance qui va les obliger à poursuivre l'adaptation de leurs réseaux et la réduction de leurs effectifs à l'heure où la récession s'installe en Europe.

Les résultats du deuxième trimestre de BNP Paribas, Société générale ou Crédit agricole, ainsi que ceux d'autres établissements bancaires non cotés, révèlent une stagnation, voire une diminution dans certains cas, des volumes et des marges de l'activité "retail" en France qui représente une large part de leurs revenus.

"Les clients vous projettent une vision qui est plus dégradée qu'il y a un an", a déclaré à Reuters le dirigeant d'une banque française qui a souhaité garder l'anonymat.

"Ça ne se ressent pas aujourd'hui dans le coût du risque. Mais en termes d'activité pour 2013, nous voyons déjà une vraie contraction de la demande de crédits, de l'ordre de 50%. Je ne vois pas comment les produits nets bancaires vont augmenter."

La tendance est jugée d'autant plus préoccupante que les banques françaises ont engagé en 2011 de grands programmes de réduction d'actifs en vue de se recentrer sur leur coeur de métier et de s'adapter au cadre prudentiel de Bâle III qui les conduit à stopper les activités les plus risquées.

Citant la menace d'une récession prolongée au sein de la zone euro, l'agence Standard & Poor's a abaissé le 25 octobre la note long terme de BNP Paribas de AA- à A+ ainsi que la perspective des notes de 10 autres établissements financiers français.

L'IMMOBILIER PÈSE

"Les commissions baissent sans arrêt, chaque fois qu'on croit avoir touché le fond, ça baisse, les gens ont peur de tout. On a atteint le maximum en termes de 'cross-selling' (ventes croisées, NDLR), il faudra baisser les coûts", souligne une autre source bancaire.   Suite...