Sous tutelle de l'Etat, PSA perd des marges de manoeuvre

mercredi 24 octobre 2012 22h59
 

par Matthieu Protard et Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - PSA Peugeot Citroën, qui joue son avenir en s'alliant à General Motors, a perdu des marges de manoeuvre après avoir reçu une garantie publique pour sa filiale bancaire, un aveu de faiblesse interprété comme une mise sous tutelle par l'Etat, soulignent des avocats d'affaires parisiens.

Selon eux, les contreparties obtenues par le gouvernement français, comme la désignation d'un administrateur indépendant au conseil de surveillance de PSA, sont en effet synonymes d'ingérence de l'Etat dans les affaires courantes du groupe contrôlé par la famille Peugeot.

Cet administrateur indépendant sera "membre du comité stratégique" et "aura vocation à jouer un rôle particulier au sein du conseil de surveillance" de PSA, soulignent Pierre Moscovici, ministre de l'Economie, et Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, dans leur communiqué sur PSA.

"On assiste à une forte ingérence de l'Etat", réagit un avocat d'affaires parisien qui a requis l'anonymat.

"Il y a intrusion (de l'Etat, NDLR) dans la gestion. Cela va au-delà du contrôle capitalistique et du périmètre d'activité du groupe", a-t-il ajouté.

"C'est un gouvernement très idéologique. Et par rapport à tous ses discours antérieurs, je ne vois pas comment il pouvait faire moins", souligne de son côté l'économiste Christian Saint-Etienne, jugeant néanmoins cette tutelle "partielle et temporaire".

Outre la désignation d'un administrateur, l'Etat sera aussi représenté au sein du comité de suivi de la garantie, comité chargé de surveiller la situation de PSA et de sa filiale bancaire.

"Le comité devra notamment donner son accord à toute opération affectant le contrôle ou le périmètre du groupe et de ses principales filiales, ainsi qu'aux évolutions significatives de leurs activités", précisent les deux ministres.   Suite...

 
<p>PSA Peugeot Citro&euml;n, qui joue son avenir en s'alliant &agrave; General Motors, a perdu des marges de manoeuvre apr&egrave;s avoir re&ccedil;u une garantie publique pour sa filiale bancaire, un aveu de faiblesse interpr&eacute;t&eacute; comme une mise sous tutelle par l'Etat, soulignent des avocats d'affaires parisiens. /Photo prise le 19 juillet 2012/REUTERS/Eric Gaillard</p>