Doutes sur "l'euro-compatibilité" de l'aide d'Etat à PSA

mercredi 24 octobre 2012 20h59
 

par Julien Ponthus et Matthieu Protard

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français veut croire que la garantie de sept milliards d'euros apportée à la banque du groupe PSA Peugeot Citroën est "euro-compatible" mais rien n'est moins sûr, estiment des experts du droit européen de la concurrence.

Selon un bon connaisseur des arcanes de Bruxelles, le gouvernement a pris un sérieux risque en mettant en avant les contreparties obtenues en terme d'emplois et de gouvernance de la part du groupe PSA en échange de son aide.

Si ce message peut s'avérer payant envers l'opinion publique française, la communication du gouvernement accrédite l'idée à Bruxelles qu'à travers la banque de PSA, c'est l'ensemble du groupe que le gouvernement a voulu aider.

C'est la brèche dans laquelle les concurrents de Peugeot risquent de s'engouffrer en plaidant devant l'exécutif européen la concurrence déloyale.

"Pourquoi aide-t-on PSA à vendre des voitures et pas moi?", dit un avocat parisien pour résumer la position des rivaux européens de PSA.

Le constructeur français reconnaît la situation mais reste serein.

"Certains de nos concurrents voient cela d'un mauvais oeil, mais lorsque les conditions seront exposées vous verrez (...) qu'il s'agit bien d'un support, très fort, de l'Etat, et non pas d'une aide au sens technique de Bruxelles", a déclaré le directeur financier de PSA Jean-Baptiste de Chatillon.

"Il n'y a pas de raison qu'il y ait des difficultés à Bruxelles", a-t-il conclu, laissant néanmoins sceptiques les observateurs.   Suite...

 
<p>Le gouvernement fran&ccedil;ais veut croire que la garantie de sept milliards d'euros apport&eacute;e &agrave; la banque du groupe PSA Peugeot Citro&euml;n est "euro-compatible" mais rien n'est moins s&ucirc;r, estiment des experts du droit europ&eacute;en de la concurrence./Photo prise le 27 septembre 2012/REUTERS/Christian Hartmann</p>