L'Etat aide PSA et siégera au conseil de surveillance

mercredi 24 octobre 2012 16h29
 

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - L'Etat apportera sa garantie à hauteur de sept milliards d'euros au pôle bancaire de PSA Peugeot Citroën et aura en échange un siège au conseil de surveillance du premier constructeur automobile français.

Le gouvernement n'a pas fait de "cadeaux" au groupe contrôlé par la famille Peugeot et a obtenu de pouvoir désigner un administrateur indépendant au conseil de surveillance, où les salariés seront aussi représentés, a déclaré le Premier ministre Jean-Marc Ayrault sur France Inter.

"L'Etat nous permet de sécuriser le financement pour les trois prochaines années (...) Il est normal qu'il y ait des contreparties", a dit de son côté Philippe Varin, le président du directoire de PSA, tout en ajoutant que le plan de redressement du groupe n'était "pas remis en cause".

"Il y aura effectivement deux nouveaux membres du conseil de surveillance, un qui représentera les salariés du groupe, un autre (...) indépendant avec un lien plus particulier avec l'Etat, mais tout ceci dans le cadre de la gouvernance normale d'une société cotée", a-t-il ajouté en conférence de presse.

Comme lors du prêt public octroyé lors de la crise de 2008-2009, PSA ne versera pas de dividende et limitera la rémunération variable des mandataires sociaux pendant la période de garanties publiques à sa filiale Banque PSA Finance (BPF).

En 2008-2009, PSA et Renault s'étaient également engagés à ne pas fermer de site en France pendant la durée du prêt que l'Etat leur avait octroyé. Cette fois, PSA n'a pris aucun engagement sur l'emploi, a dit Philippe Varin.

Le groupe subit une grosse pression tant des syndicats que des pouvoirs publics alors qu'il entame une restructuration qui prévoit 8.000 suppressions d'emplois en France et la fermeture de l'usine d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) en 2014.

Une réunion tripartite est prévue jeudi pour examiner ce plan, au cours de laquelle les syndicats et le gouvernement espèrent obtenir de la direction de PSA une légère baisse du nombre des suppressions de postes envisagées.   Suite...

 
<p>L'Etat apportera sa garantie &agrave; hauteur de sept milliards d'euros au p&ocirc;le bancaire de PSA Peugeot Citro&euml;n et aura en &eacute;change un si&egrave;ge au conseil de surveillance du premier constructeur automobile fran&ccedil;ais. /Photo prise le 7 septembre 2012/REUTERS/Vincent Kessler</p>