L'Allemagne veut vite monter au capital d'EADS

mercredi 24 octobre 2012 14h28
 

par Matthias Sobolewski

BERLIN (Reuters) - L'Allemagne est pressée d'augmenter sa participation dans EADS, de crainte de voir Daimler vendre une partie de la sienne sur le marché et saper ainsi l'influence allemande sur la gestion du groupe d'aéronautique et de défense, montre un document gouvernemental que s'est procuré Reuters.

Dans ce rapport destiné à la commission du Budget du Bundestag, la chambre basse du parlement, et daté du 23 octobre, le ministère de l'Economie avertit que Berlin risque de perdre au profit de Paris la bataille en cours pour le partage équitable du contrôle exercé par les Etats sur la stratégie et la gouvernance d'EADS.

Cette démarche intervient moins de deux semaines après l'annonce de l'échec des pourparlers de fusion entre la maison mère d'Airbus et le britannique BAE Systems, échec attribué pour une bonne part aux réticences du gouvernement allemand.

Selon le projet détaillé dans le rapport, la banque publique KfW devrait porter sa participation dans EADS de 1% à 13% en deux étapes d'ici la fin de l'année.

Elle rachèterait dans un premier temps 4,5% du capital à sept institutions financières regroupées au sein du consortium Dedalus, puis la moitié de la participation de 15% actuellement détenue par Daimler.

"L'opération dans son ensemble doit être réalisée rapidement; dans le cas contraire, il existe un risque concret de voir Daimler vendre ses titres sur le marché. Dans ce cas, l'équilibre franco-allemand serait rompu au détriment de l'Allemagne", explique le document du ministère.

Il demande donc au Bundestag de débloquer 1,65 milliard d'euros pour financer la reprise des parts de Daimler. Dans une note, le rapport précise qu'un milliard supplémentaire est nécessaire pour reprendre la participation de Dedalus.

UN DÉSÉQUILIBRE INÉVITABLE   Suite...

 
<p>Selon un document gouvernemental, l'Allemagne est press&eacute;e d'augmenter sa participation dans EADS, de crainte de voir Daimler vendre une partie de la sienne sur le march&eacute; et saper ainsi l'influence allemande sur la gestion du groupe d'a&eacute;ronautique et de d&eacute;fense. /Photo prise le 13 septembre 2012/REUTERS/Tobias Schwarz</p>