Le projet avorté Suez-Veolia illustre des impasses stratégiques

lundi 22 octobre 2012 16h04
 

par Benjamin Mallet

PARIS (Reuters) - Le projet avorté de rapprochement entre Veolia Environnement et Suez Environnement illustre le manque d'options stratégiques dont disposent les deux spécialistes du traitement de l'eau et des déchets pour faire face à des difficultés à la fois conjoncturelles et structurelles.

Veolia et Suez, respectivement numéro un et numéro deux mondial du secteur, sont tous les deux confrontés en France à une pression sur leurs tarifs de l'eau de la part des municipalités, voire à des retours en régies publiques, ainsi qu'à une crise industrielle qui affecte les volumes de déchets traités par leurs usines en Europe.

L'existence de discussions, dévoilées ce week-end par la presse et qu'aucun des deux groupes n'a officiellement confirmé, traduit la recherche d'une alternative à leur modèle de développement indépendant et à la concurrence qu'ils se livrent à la fois sur leur marché domestique et à l'international.

"Toutes les discussions qui ont pu avoir lieu sont le reflet d'une démarche défensive de la part des sociétés, qui essaient de consolider leurs positions dans un environnement de marché exigeant où la concurrence est de plus en plus acharnée", souligne Olivier Van Doosselaere, analyste chez Exane BNP Paribas.

Certains analystes relèvent notamment qu'un rapprochement aurait donné au nouvel ensemble les moyens d'être plus offensif à l'international, en particulier dans les émergents. Un atout auquel se serait ajoutée la surface financière plus large dont la nouvelle entité aurait bénéficié.

Car si chacun des deux groupes a mis en place un plan de réduction de coûts, ni l'un ni l'autre n'a été en mesure, au-delà de ces économies, de proposer de nouvelles perspectives de croissance jugées convaincantes depuis la crise de 2008.

"Dans les circonstances actuelles, les deux groupes ne peuvent fermer aucune porte et (il) est tout à fait logique que le projet ait été étudié", résume un autre analyste basé à Paris. "Je ne pense pas qu'il faille trouver de 'plan B'", ajoute-t-il, estimant pour sa part que "les deux groupes sont capables de vivre de manière indépendante".

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<p>Le projet avort&eacute; de rapprochement entre Veolia Environnement et Suez Environnement illustre le manque d'options strat&eacute;giques dont disposent les deux sp&eacute;cialistes du traitement de l'eau et des d&eacute;chets pour faire face &agrave; des difficult&eacute;s &agrave; la fois conjoncturelles et structurelles./Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau</p>