Berlin face aux dilemmes de l'actionnariat d'EADS

samedi 20 octobre 2012 10h11
 

par Tim Hepher, Arno Schuetze et Christiaan Hetzner

PARIS/FRANCFORT (Reuters) - Laissant derrière lui un champ de mines juridique et un arrière-goût amer, l'échec de la fusion avec BAE pourrait entraver ou retarder la réorganisation de l'actionnariat allemand d'EADS, estiment des experts juridiques et financiers.

Les discussions visant à donner naissance au premier groupe mondial d'aérospatiale et de défense ont capoté la semaine dernière. Des responsables français et britannique ont accusé l'Allemagne d'avoir bloqué l'opération, ce que Berlin dément.

Cet échec suscite des questions sur l'organisation et la stratégie d'EADS et remet ses actionnaires face à leurs interrogations sur la révision du pacte conclu en 2000 pour équilibrer les intérêts et de la France et de l'Allemagne et protéger le groupe d'éventuels prédateurs.

La banque publique de développement allemande KfW - considérée comme l'équivalent de la Caisse des dépôts française - discute depuis un an avec Daimler, actionnaire fondateur d'EADS, pour racheter 7,5% du capital de ce dernier au constructeur automobile allemand. Les discussions, interrompues pendant les négociations sur le projet de fusion avec BAE, vont désormais reprendre.

OFFRE OBLIGATOIRE

Le problème, selon les experts, est qu'il sera difficile pour KfW d'intégrer le pacte d'EADS aux côtés de Daimler sans voir ses droits de vote réduits. Cela paraît peu opportun alors que la fusion a révélé à quel point l'Allemagne s'inquiétait du poids de la France dans EADS.

L'opération est particulièrement délicate parce qu'un faux pas pourrait entraîner une offre obligatoire sur l'ensemble d'EADS donc conduire à une nationalisation "accidentelle" du groupe.

"L'Allemagne a clairement passé un accord avec Daimler permettant à Daimler de réduire sa participation", a dit une source proche des discussions.   Suite...

 
<p>Laissant derri&egrave;re lui un champ de mines juridique et un arri&egrave;re-go&ucirc;t amer, l'&eacute;chec de la fusion avec BAE pourrait entraver ou retarder la r&eacute;organisation de l'actionnariat allemand d'EADS, estiment des experts juridiques et financiers. /Photo prise le 13 septembre 2012/REUTERS/Tobias Schwarz</p>