Angela Merkel limite la portée de l'accord sur l'union bancaire

vendredi 19 octobre 2012 16h24
 

par Emmanuel Jarry

BRUXELLES (Reuters) - Les dirigeants européens ont confirmé vendredi que toutes les banques de la zone euro seraient soumises à une supervision unique à partir de 2014, tout en donnant plus de temps à la Banque centrale européenne pour mettre en place ce dispositif.

Mais la chancelière Angela Merkel a immédiatement fait savoir que, si le Mécanisme européen de stabilité (MES) pourra recapitaliser les banques quand l'union bancaire sera effective, il n'était pas question qu'il prenne en charge le legs du passé.

L'Espagne, qui a obtenu lors du Conseil européen de juin dernier la promesse d'une recapitalisation de son secteur bancaire pouvant aller jusqu'à 100 milliards d'euros, risque d'être la première à pâtir de cette position allemande.

"Il n'y aura aucune recapitalisation directe rétroactive", a dit Angela Merkel. "Si la recapitalisation est possible, elle ne le sera que pour l'avenir, donc je pense que quand le superviseur bancaire sera opérationnel, nous n'aurons plus de problèmes avec les banques espagnoles, du moins je l'espère."

Elle a toutefois démenti que cette position soit due à son refus de voler au secours des banques espagnoles avant les élections législatives allemandes de l'automne 2013, affirmant que l'idée ne lui avait même pas traversé l'esprit.

Paris est une fois de plus en contradiction avec Berlin.

Du côté français, on estime que le dispositif de recapitalisation directe des banques par le MES, dont le préalable était l'union bancaire, pourra être activé dès 2013.

Si l'Espagne demandait une aide européenne pour ses banques, "il n'y a pas de raison de lui imposer de conditions qui ajouteraient encore de l'austérité à l'austérité alors qu'elle fait tous les efforts nécessaires", a dit François Hollande.   Suite...

 
<p>Angela Merkel (&agrave; gauche) et David Cameron (au centre), discutent avec d'autres dirigeants de l'UE vendredi &agrave; Bruxelles. Les dirigeants europ&eacute;ens ont confirm&eacute; vendredi que l'ensemble des 6.000 banques de la zone euro seraient soumises &agrave; une supervision unique &agrave; partir de 2014, tout en donnant plus de temps &agrave; la BCE pour mettre en place ce dispositif. Mais la chanceli&egrave;re allemande a limit&eacute; la port&eacute;e de cet accord, rejetant toute recapitalisation directe r&eacute;troactive. /Photo prise le 19 octobre 2012/REUTERS/S&eacute;bastien Pirlet</p>