La BPI n'aidera pas les "canards boiteux", dit Jean-Pierre Jouyet

vendredi 19 octobre 2012 19h35
 

PARIS (Reuters) - Jean-Pierre Jouyet, le futur président de la Banque publique d'investissement, a suscité vendredi des réactions syndicales et politiques indignées en affirmant que la BPI aurait pour mission de soutenir des projets d'avenir, non les "canard boiteux", une allusion notamment aux hauts fourneaux de Florange.

L'ancien président de l'Autorité des marchés, qui a choqué les sidérurgistes d'ArcelorMittal, a tenté d'atténuer ses propos en précisant "avoir le plus grand respect pour les salariés de Florange, héritiers d'une forte tradition sidérurgique française."

La réindustrialisation du pays "est une des missions" de la BPI", a-t-il précisé dans un communiqué, sans modifier sa position sur le fond.

Dans une mise au point diffusée par la suite, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, souligne que Jean-Pierre Jouyet lui a confirmé lors d'un entretien vendredi que la BPI avait "également pour mission de maintenir et de conforter les capacités de productions industrielles de la France".

"S'agissant de Florange, le FSI (Fonds stratégique d'investissement) qui est partie intégrante de la BPI, pourrait ainsi intervenir au côté d'un projet de reprise industrielle solide", précise-t-il dans un communiqué.

"LE LOUP DANS LA BERGERIE"

La direction d'ArcelorMittal a confirmé le 1er octobre sa décision de fermer les deux hauts fourneaux de Florange (Moselle), une décision qui affecte 629 emplois, mais elle a laissé deux mois au gouvernement français pour trouver un éventuel repreneur.

Invité vendredi matin d'Europe 1, Jean-Pierre Jouyet avait souhaité lever les craintes de voir la BPI, qui sera opérationnelle en janvier, s'épuiser à lutter contre les plans sociaux qui se multiplient dans les régions françaises.

"La BPI aura vocation à maintenir l'activité et non pas à aider les canards boiteux", a-t-il ainsi répondu à la question de savoir si "la BPI devra sauver Florange".   Suite...

 
<p>Jean-Pierre Jouyet, le futur pr&eacute;sident de la BPI. La Banque publique d'investissement (BPI), nouvel organisme destin&eacute; &agrave; aider au financement des PME fran&ccedil;aises, aura pour mission premi&egrave;re de soutenir des projets d'avenir et non pas de venir en aide aux entreprises en difficult&eacute;, a-t-il indiqu&eacute; vendredi. /Photo d'archives/REUTERS/Jacky Naegelen</p>