Londres veut modérer le pouvoir de la BCE dans l'union bancaire

lundi 15 octobre 2012 16h23
 

par John O'Donnell

BRUXELLES (Reuters) - La Grande-Bretagne souhaite faire modifier le projet d'union bancaire dans la zone euro, notamment pour modérer l'influence de la Banque centrale européenne (BCE), ont déclaré des responsables de l'Union européenne (UE), au risque de mettre en péril la mise en place rapide de cet organe de régulation censé contribuer à résoudre la crise de la dette.

La Commission européenne a proposé que la BCE soit responsable de la supervision bancaire, ce qui serait une étape supplémentaire vers une union bancaire et contribuerait à renforcer l'intégration économique au sein de la zone euro.

Soucieuse de protéger les intérêts de la City, la Grande-Bretagne envisage de proposer un système qui donneraient la possibilité aux Etats extérieurs à l'union bancaire d'empêcher toute alliance de pays de l'union bancaire pour élaborer une réglementation à l'échelle européenne, ont déclaré des responsables de l'UE, qui n'ont pas souhaité être nommés.

"L'inquiétude, c'est que la Banque d'Angleterre (BoE) puisse se trouver mise en minorité par la BCE sur certains aspects de l'élaboration d'une réglementation", a dit l'une de ces sources. La Grande-Bretagne ne rejoindra pas une union bancaire et la BoE deviendra en 2013 le régulateur britannique.

"Ils redoutent que la zone euro devienne capable de faire passer de nombreuses décisions de son propre chef. Ils veulent un système de freins et de contrepoids."

Si une union bancaire est destinée à bâtir les fondations d'un contrôle renforcé des banques, ce nouvel organe de régulation devrait également permettre au nouveau fonds de sauvetage de la zone euro, le Mécanisme européen de stabilité (MES) d'injecter directement des liquidités dans les banques en difficulté, comme en Espagne, brisant la corrélation entre des banques fragiles et des Etats endettés, qui nourrit la crise dans la région.

LONDRES VEUT DES GARANTIES

Les discussions sont techniques mais l'enjeu est lourd politiquement. En privé, un autre responsable de l'UE a déclaré que cela pourrait empoisonner davantage les rapports déjà tendus entre le bloc monétaire unique et la Grande-Bretagne, où l'euroscepticisme connait un regain.   Suite...

 
<p>La Grande-Bretagne souhaite faire modifier le projet d'union bancaire dans la zone euro, notamment pour mod&eacute;rer l'influence de la Banque centrale europ&eacute;enne, au risque de mettre en p&eacute;ril la mise en place rapide de cet organe de r&eacute;gulation cens&eacute; contribuer &agrave; r&eacute;soudre la crise de la dette. /Photo d'archives/REUTERS/Alex Domanski</p>